Publication ce jeudi de Toi que je n'attendais plus, premier roman de l'ex-animatrice Alessandra Sublet.

Publication ce jeudi de Toi que je n'attendais plus, premier roman de l'ex-animatrice Alessandra Sublet.

Avec son premier roman, Alexandra Sublet "signe un texte délicat, sur fond de quête de soi, dans le décor envoûtant du Cap Horn."

L'ex-animatrice est l'auteure de Toi que je n'attendais plus, un ouvrage édité par Robert Laffont et en vente dès ce jeudi.

Manon, mère divorcée et océanologue, peine à se remettre d'une déception sentimentale. Son chagrin la replonge dans son enfance sicilienne, où régnaient en maîtres sa grand-mère aimante et son père – marin disparu en mer.

Lorsque Dimitri, son chef, lui propose de partir en expédition dans le Pacifique Sud, Manon cède à l'appel du grand large et aux paysages sublimes de la Patagonie où son père a été vu pour la dernière fois. Une aventure qui va la mener, par-delà les océans, dans les méandres de son passé et au cœur de l'amour, sous toutes ses formes.

Le début du prologue :

À l’ombre d’un amandier en fleur, assise sur les genoux de sa nonna Allegria, Manon regarde au loin la mer scintiller. D’ici, des millions de diamants illuminent la Grande Bleue. Entouré d’une végétation exotique, ce décor est le sien depuis toujours. Perchée tout en haut du village, la petite maison en pierre, accrochée au flanc de la colline, abrite déjà onze ans de souvenirs. En cette fin d’après-midi, alors que le soleil prend des allures d’orange sanguine, Manon chérit le moment des histoires murmurées par nonna A. Blottie dans les bras de sa grand-mère, attentive à chaque détail, elle ne se lasse pas des effluves de musc et de lavande qui émanent du gilet couleur vert émeraude. Son préféré.

Apprêtée en toutes circonstances et soucieuse du détail, Nonna ne laisse jamais rien au hasard : une broche cigale par-ci, un foulard en soie par-là, les ongles soignés même pour parcourir le potager. Manon aime aussi la façon dont Allegria fait rouler son alliance trop étroite qui lui torture l’annulaire, ses robes bon marché toujours très colorées et les sandalettes marron en cuir tressé qu’elle porte pour faire les courses. Tout est toujours coordonné, parfaitement arrangé. Sa grand-mère appartient à la catégorie des dames d’un autre temps qui ont le goût du beau, du propre et du devoir. Le respect des autres, mais surtout de soi, parce que, « ma petite-fille, nous sommes la personne avec laquelle nous allons passer le plus de temps, alors autant se donner le meilleur des reflets, n’est-ce pas ? ».

Tout chez Nonna apaise et réconforte Manon : ses grands yeux noisette, son nez fin, dont papé disait qu’« il jappe à la lune », son corps frêle et pourtant si fort, les bouclettes qu’elle peigne chaque matin pour, dit-elle, « ne pas avoir l’air d’un vieux chandail ! ». Une autre époque. Ce visage lumineux et cette voix si douce, c’est toute la vie de Manon. Celle qui l’a élevée à la mort de sa mère est un roc solide, un phare dans la nuit. Une naissance chaotique. Des cris, l’effroi, puis le vide. Un silence de mort, là, dans cette toute petite chambre feutrée. Une vie perdue pour en laisser une autre naître. Manon n’en a pas vraiment souffert.

Nonna a toujours été là.

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