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Fatou, rescapée des incendies (Documentaire France 3)



Sur France 3, ce vendredi en 3ème partie de soirée (vers 23h30), le documentaire inédit Fatou, rescapée des incendies.




Un film réalisé par Julien Pot et Jean-Pierre Devillers.




La présentation de ce doc par la chaîne :


"A la découverte de son pays, à la découverte de ses racines... Fatou, 20 ans, née au Mali et habitant en France depuis 17 ans, s'envole pour la toute première fois pour le Mali. 
Les circonstances sont terribles : l'enterrement de sa fille de 4 ans et de ses sept frères et soeurs, décédés dans l'incendie de l'hôtel du boulevard Vincent Auriol à Paris. Des événements tragiques qui ont secoué la France entière durant l'été 2005. 
Un vaste débat de société qui refait surface : comment vivent ces populations qui travaillent en France depuis plusieurs dizaines d'années ? Comment l'habitat social a-t-il pu se détériorer à ce point ? Pourquoi les hommes de cette région du Mali et de l'Afrique en général veulent-ils tous venir en France et en Europe ?
A travers l'histoire de Fatouma et de sa famille, ce documentaire bouleversant permet de voir et de comprendre sous un nouveau jour l'immigration malienne."




Cet été là, les incendies du Bld Vincent Auriol dans le 13éme Arrdt de Paris et de la rue du Roi-doré dans le 3éme, causent la mort de 24 personnes dont 18 enfants. Des immeubles insalubres ou s’entassaient principalement des français d’origine malienne, tous en situation régulière. Les flammes ont surpris les 130 habitants de l’immeuble du Bld Vincent Auriol dans leur sommeil. 17 personnes ont péri asphyxiées ou brûlées, 14 d’entre elles étaient des enfants. Fatouma Diara, rescapée de l’incendie, a perdu cette nuit là sa fille de 4 ans et ses 7 frères et sœurs.
« J’ai perdu 9 personnes. En fait j’ai perdu 17 personnes, parce que je les connaissais bien, comme si c’était des gens de ma famille ». 




Il faudra attendre six semaines pour que les 17 corps calcinés du Boulevard Vincent Auriol soient identifiés et rendus aux familles. Le choix des Diara: ramener les corps des enfants au pays, pour les enterrer au village dont ils sont originaires. Dans l’avion qui emmène Fatouma au Mali, 9 cercueils dont celui de sa fille Niamey, et ses frères et sœurs âgés de 2 a 13 ans au moment du drame. Fatou est seule à partir pour enterrer les siens : son père grièvement brûlé est encore hospitalisé, sa mère est restée à Paris à ses cotés.
« Je repars dans mon pays de naissance avec le corps de ma fille. Je sais qu’il y aura un accueil chaleureux, il y aura beaucoup de monde…j’ai peur de ne pas savoir réagir là bas…c’est quelque chose que je ne connais pas, ça fait 17 ans que je suis en France…j’ai peur » 




Des centaines de Maliens de la région sont venus attendre les corps à Yellimane, le village d’origine de la famille Diara. En témoignage de solidarité, ils seront présents durant cette longue journée de recueillement. En plus de son chagrin, Fatouma se retrouve seule face à des gens et des rites dont elle ignore tout, même si elle parle les deux dialectes de la région.
« Je ne sais pas où me mettre…Je ne sais pas comment prendre les gens, je ne les connais pas, j’ai ma façon de vivre, j’essaie de discuter avec eux … » 


 

De plus, comme toutes les femmes de ce pays musulman, Fatou n’a pas le droit d’assister à l’inhumation des enfants
« Les femmes n’assistent pas à l’enterrement parce que la douleur est trop forte. Et les pleurs et les cris, chez les musulmans, ne sont pas bons pour les corps. Il faut juste des prières. »
Il faudra trois jours pour qu’elle puisse enfin se rendre pour la première fois sur la tombe de sa fille, accompagnée par l’imam du village. 




Preuve de l’émotion suscitée, le journal télévisé de l’ORTM, la télévision nationale Malienne, ouvre son édition du soir avec les enterrements et l’annonce du soutien financier apporté par l’Etat aux familles. A l’occasion de l’attribution des dédommagements aux familles des défunts, Fatouma la parisienne aimerait se faire entendre et participer aux palabres :
« Là ils sont entrain de décider qui va avoir les parts de ce qu’ils ont donné aux enfants.
J’ai envie de parler. Moi je parle beaucoup avec mon père. J’aimerais prendre la parole, m’exprimer, mais j’ai pas le droit…Les femmes ont même pas le droit à la parole. A la maison c’est moi la grande gueule, ici je peux pas parler, ça m’énerve…c’est le vieux qui décident. Si je leur parle ils vont me dire que je leur ai manqué de respect
… »




Au village, Fatouma découvre le quotidien des femmes ;
« J’ai besoin de découvrir ce qu’a été le quotidien de ma mère et de mon père… Là, je fais la cuisine. La plupart des choses qu’il faut faire, ma mère me l’a appris…Ici quand je veux faire quelque chose on me dit : non je vais le faire…elles ne me sentent pas capable. » 




Au Mali, chaque homme valide qui reste au village est considéré comme un vaurien, un bon à rien ! Traditionnellement, la région de Kayes d’où sont originaires les Diara, une des plus pauvres du monde, voit ses hommes partir travailler à l’étranger. ( Près de 90% des Maliens installés en France sont originaires de cette région) Leurs salaires servent à faire vivre leur village. Ces migrations datent du début des années 1970 où la région fut très sévèrement touchée par la sécheresse.
Selon des chiffres publiés en octobre 2003, environ 100.000 Maliens vivent en France dont 42.000 en situation régulière.




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J
C'est un blog sur les médias ...
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H
triste de voir juste un commentaire sur un fait aussi grave .que leurs âmes repose en paix et que la terre leur soit légère
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L
Exellent documentaire réalisé avec une pudeur exemplaire. Des pensées de tendresse à toutes ces personnes que le malheur a frappé.
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