Diffusion sur ABC le mercredi soir à 20h (Moyenne
saison 1 : 9,42 millions de téléspectateurs) et annoncé sur C+ en France. Renouvelé pour une
saison 2.
Créé par: Bryan Fuller
Avec : Lee Pace, Anna Friel, Chi McBride, Ellen Greene, Swoosie Kurtz et Kristen Chenoweth
J’ai récemment découvert que j’étais un peu maso. Sinon, pourquoi aurais-je regardé les dernières saisons de Nip/Tuck et Dirt en entier ? Vous en conviendrez, il n’y a que cette explication.
De cette façon, je me suis préparé mentalement à me faire lyncher aujourd’hui en vous déclarant que Pushing Daisies est une série relativement surestimée à mon gout. Certains seront certainement
outré de lire cette affirmation de Satan, pourtant j’assume parfaitement mon opinion et je vais vous l’expliquer.
Alors Pushing Daisies, c’est la fameuse série événement d’ABC avec un univers visuel défiant tout ce que l’on a pu voir jusqu’à présent. Cela, évidemment, je ne le renie pas. L’univers de Pushing
Daisies est tout simplement extraordinaire. Dans une ambiance à mi-chemin entre Charlie et la Chocolaterie et Amélie Poulain, la série instaure un univers enchanteur, féérique, Burtonien digne
des plus merveilleux contes de fées avec des couleurs acidulées et une ambiance sucrée et voluptée qui nous fait retomber en enfance. Un épisode de Pushing Daisies est synonyme d’évasion, de
contemplation, d’émerveillement tant le moindre élément de la série pourrait s’apparenter à un conte d’enfant. Rajouté à cela une voix-off old school, un peu circus des années 30, qui rajoute une
touche d’authenticité singulière à la série.
La série bénéficie ainsi d’une identité forte, d’un univers qui la différencie immédiatement et c’est assez rare pour être signaler. Une telle innovation sur un network présente ainsi un risque
important qu’ABC a su prendre. Mais lorsqu’on creuse un peu sous le vernis, lorsqu’on regarde ce qu’il trouve derrière ce délicieux enrobage sucré, le bat blesse. Pushing Daisies se repose
grossièrement sur ses lauriers pour en nous proposant des intrigues banales et d’une platitude intergalactique. C’est bien simple, vous pouvez copier / coller une intrigue de Pushing Daisies et
faire un épisode de soeurtherese.com. Oui j’exagère mais vous connaissez ma mauvaise foi !
Evidemment, l’univers de la série permet d’apporter une touche d’originalité à ses intrigues comme le fait de parler avec le mort pendant une minute. Ces scènes sont toujours amusantes. Mais
intrinsèquement parlant, on regrettera l’absence d’intrigues unitaires plus travaillées. C’est tout à fait le genre d’intrigue où l’on devine le meurtrier à la première minute, souvent à cause
d’une jalousie ou d’une rivalité. Alors certes, certains diront que ces storylines ne sont pas le but premier de la série et je les rejoins. Mais tout de même, un ensemble drama, pour reprendre
l’expression américaine, porte bien son nom. Pour faire une série excellente, rien ne doit être négligé, même pas les intrigues secondaires. C’est un peu comme la série Eli Stone qui possède tout
un univers mais qui, derrière, propose des intrigues judiciaires risibles. Oui, ce n’est pas l’objectif de la série mais cela occupe une bonne partie des épisodes, donc il n’y a aucune raison de
les bâcler.

C’est un problème assez présent dans les séries aujourd’hui. Imaginez un Dr. House qui miserait tout sur la personnalité du médecin pour proposer des intrigues médicales bas de gamme. Cela ne fonctionnerait pas. Ce fut d’ailleurs le problème de Monk pendant une ou deux saisons. Bref, espérons que Poussive Daisies se ressaisisse sur ce point noir la saison prochaine. Notons que certaines histoires sont tout de même meilleures que d’autres et notamment en fin de saison où la série connait un joli sursaut en introduisant une dose de ‘mythologie’ à ses intrigues unitaires en y mêlant ses personnages principaux. L’épisode où des intriguants concurrents de Ned ouvrent un magasin de confiseries en face du sien est un bijou d’humour, de mystère et de féérie. Pushing Daisies a le potentiel.
Malgré tout, si la série néglige ses intrigues policières, le fil rouge de la série lui, est plutôt réussi. Il tient évidemment des conséquences du pilote : Ned a sauvé son amour d’enfance,
Chuck, en la ressuscitant à l’aide de son fameux touché magique. Le hic étant que s’il la touche une seconde fois, elle mourra. Et pour faciliter les choses, les deux tourtereaux tombent très
vite amoureux l’un de l’autre ….
Pushing Daisies ose ainsi la relation shipper qui ne concrétisera jamais. Parfois un peu mièvre, parfois traité avec maladresse, cette relation est toutefois retranscrite avec une tendresse
incroyable qui nous fait fondre à chaque épisode. On les voit ainsi se toucher au travers d’une vitre ou se serrer chacun leurs mains respectives en imaginant qu’ils tiennent celle de l’autre …
C’est à la fois original et à la fois terriblement frustrant tant on aimerait qu’ils puissent s’adonner aux plaisirs bestiaux. Ne sortez pas trop vite les mouchoirs puisque leur relation sera
entachée par un terrible secret d’enfance. Mais je ne vous en dit pas plus.

Pour finir cette chronique, il est important de parler du casting puisqu’il constitue le centre du show. Quitte à me faire jeter des cailloux, je vous le disais en intro je m’y suis préparé, je trouve que le casting principal est l’un des principal défauts de Pushing Daisies. Qu’il s’agisse de Lee Pace ou son acolyte Anna Friel, d’une part ils jouent terriblement mal et puis d’autre part, ils ont un charisme d’huitre. Evidemment, ce n’est que mon avis mais je les trouve d’une transparence accablante. Il faut donc compter sur l’exceptionnel casting secondaire pour porter la série et autant dire que l’on n’ait pas déçu. Chi McBride est à contre emploi et totalement hilarante en détective égoïste et teigneux tandis qu’Ellen Greene est très mignonne en amoureuse éconduite de son patron qui pousse parfois la chansonnette. Et je parlerais même des deux tantes de Chuck, deux personnages totalement barrées comme on les adore, l’une dépressive et un peu abrutie et l’autre borgne, à moitié cinglée et franc-tireuse. Le duo est à mourir de rire ! Reconnaissons enfin à Pushing Daisies des dialogues extrêmement travaillés ponctués d’humour fini dialogues faisant mouche comme le fameux ‘It’s not weird, it’s magical’ de Ned dans le pilote ou sa fameuse théorie très personnelle sur la mort ! Mais est-ce suffisant ?
Meilleur épisode : 1.01 – ‘Pie-Lette’
Pire épisode : 1.02 – ‘Dummy’
Les points forts : Un univers féérique et merveilleux qui nous procure
un sentiment d’évasion délicieux dans notre plus grande tendre tendance. Des couleurs acidulées à la voix off rétro, chaque détail est sublimé pour nous livrer une série au visuel tout bonnement
bluffant. Les personnages décalées rajoutent la touche finale à cette série pour le moins atypique.
Les points faibles : Pushing Daisies mise tout sur son emballage en nous proposant des intrigues
unitaires banales et franchement ennuyantes voire simplistes certains épisodes. Un gros sentiment de ‘peut mieux faire’ surfe donc sur la plupart des épisodes de cette courte saison 1.
Conclusion : Légère déception. Pushing Daisies avait tous les ingrédients pour devenir LA
nouveauté de l’année : un pilote fabuleux, un univers magique, un casting secondaire excentrique et poilant. Mais les scénaristes ont oublié l’essentiel : le scénario. Je ne dirais pas
que c’est franchement nul, loin de là. Mais à ce niveau-là, avec un tel concept, Pushing Daisies peut proposer 1000 fois mieux que des intrigues multi-épurées. Il suffirait d’un petit effort pour
que la série devienne incontournable, ce qu’elle n’est pas à l’heure actuelle. Allez Push Daisies, Push !
COLE.
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