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Publié par COLE. Publié le 30/08/2010

 

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Séries, ton classement impitoyable, place 8 : SKINS Saison 4 (classement l'an dernier : 15ème) 

 

Diffusion en Angleterre sur E4 le jeudi soir à 22 heures (moyenne saison 4 : 746.000 téléspectateurs, +8 % par rapport à la saison 3). Diffusion en France sur Canal + et Virgin 17.

Créé par Jamie Brittain et Bryan Elsley.

Avec Kaya Scodelario (Effy), Livy Loveless (Naomi), Kathryn Prescott (Emily), Megan Prescott (Katie), Lisa Backwell (Pandora), Luke Pasqualino (Freddie), Merveille Lukeba (Thomas) et Ollie Barbiera (JJ)

 

Attention ! Indice Spoiler : 4/5 ! 

 

S’il y a bien une série pour laquelle je ne fais preuve d’aucune impartialité, c’est bien Skins. Elle est certainement bourrée de défauts, possède sans nul doute une poignée d’épisodes décevants, il n’empêche qu’une fois que son générique retentit, j’ai un espèce de bonheur incommensurable qui m’envahit. Mon circuit de la récompense sécrète alors presque autant de dopamine que lorsque j’imagine Glenn Close entièrement nue me lançant des signaux sans équivoque à l’aide d’un martinet avec des lanières en daim dont elle seule a la maitrise et avec pour seul revêtement des feuilles de laitue reluisantes recouvrant ses parties les plus charnelles.

 

Vous l’avez compris, j’adore Skins qui, après une saison 3 en dent de scie, a réussi le pari de nous offrir une saison 4 exceptionnelle, caractérisée par une densité émotionnelle presque éreintante. Skins ne nous a peut-être pas livré sa saison la plus aboutie mais en tout cas sa saison la plus noire, la plus profonde, la plus psychologique. Les personnages n’ont jamais été aussi creusés, aussi torturés, aussi malmenés. Les scénaristes ont en effet pris le pari d’aborder des thématiques plus graves, plus sombres, moins légères qu’à l’accoutumé et le tout avec brio.

 

Bien sûr, l’exercice a aussi son revers de la médaille. Contrairement aux deux premières saisons, on voit ainsi très peu évoluer les personnages ensemble. Les épisodes sont ainsi quasi-exclusivement consacrés aux parcours psychologiques, et souvent tragiques, des personnages qu’ils mettent en scène. Ce qui a une double conséquence : les épisodes sur les personnages moins intéressants sont forcément plus faibles (ce qui est surtout le cas du season premiere sur Tommo) et il n’y a plus cette communion, presque passionnelle, entre les personnages. On a même le sentiment qu’ils ne sont pas vraiment amis ou qu’ils le sont plus par commodité scénaristique. En gros, on a parfois l’impression de regarder une version trash et dramatique des Bronzés font du ski !

 

Mais est-ce vraiment gênant ? La réponse est évidemment non. C’est simplement différent, on est en présence d’une série qui a évolué, qui a muté et grandi devant nos yeux. Un véritable passage à l’âge adulte en somme qui se caractérise par une plus grande épaisseur du scénario. Bien sûr, ce renouvellement ne plaira pas à tout le monde, d’autant plus à ceux qui regardaient plus la série pour son côté « Skins Party », bien moins présent.

 

Deux intrigues sont ainsi particulièrement sorties du lot cette saison. Commençons par le cas Effy. Déjà borderline lors des premières saisons, le personnage, très présent cette saison, sombre littéralement dans une grave dépression, à la limite de la folie. Sa chute est certes un peu soudaine, un peu maladroite et manque de justification mais elle est néanmoins retranscrite de façon très juste et surtout terrible.

 

L’épisode qui met en scène sa descente aux enfers, à la fois schizophrénique et claustrophobique, est saisissant. On perçoit sa détresse et on finit littéralement l’épisode en suffoquant. Tout le passage où elle perd littéralement la raison face à Cook, en proie à ses délires et ne se souvenant même plus de son identité, alternant entre les rires et les larmes, était vraiment dur et éprouvant. On peut saluer la prestation de Kaya Scodelario, la Mischa Barton anglaise, bien plus talentueuse son homologue hollywoodienne. Autant dire talentueuse tout court. On entendra clairement reparler de cette actrice : juste, sobre et excessive, intriguante limite insaisissable.

 

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C’est finalement un peu dommage que sa traversée du désert ait entaché du meurtre de son petit-ami Freddie par son psy (copathe). La scène où ce dernier frappe Freddie à coup de batte et que l’on voit seulement le sang qui gicle est incroyablement intense, une vraie réussite. C’est malheureusement le seul succès de cet interlude sanglant, casse-gueule et absolument pas maitrisé. L’idée du psy amoureux d’Effy qui, par jalousie, tue machiavéliquement son petit-ami est cliché à souhait et, dans le cas présent, excessivement mal exploité. Le psy ne fait aucune tentative d’approche auprès d’Effy et se contente de vouloir quitter la ville, avant d’être intercepté par the Cook. L’intrigue finira ainsi en eau de boudin avec une scène Tarantinesque aussi jubilatoire que ridicule. C’est aussi ça Skins.

 

Parlant de Cook, j’ai justement beaucoup aimé le personnage cette saison. Les scénaristes ont cru bon de nous réconcilier avec celui qui représentait les mauvais excès trash de la série la saison dernière. Sa psychologie est creusée, on découvre en réalité un faux bad guy, vrai paumé. En même temps, qui ne l’est pas dans Skins ? Surtout pas Naomi et Emily. Mon dieu que je les aime. Oui c’est mon côté ménagère qui parle, celui qui me fait tomber malencontreusement sur un épisode des « Sorciers de Waverly Place » sur NRJ12 et qui ne zappe pas car officiellement : ‘Je ne trouve plus la télécommande !’. Allez avouez-le, on est entre nous, on a tous nos petits péchés ménagères. Que celui qui n’a jamais regardé « La guerre des Stevens », « Sister… Siiiiiister » ou « Phénomène Raven » me jette la première pierre !

 

Mais revenons à Skins avec Naomes et Emsy. Oui, je les appelle par leurs petits surnoms. Elles m’avaient déjà déchiré le cœur la saison dernière, autant dire que cette année, elles l’ont pris et l’ont coupé en petits morceaux. Leur intrigue était juste fabuleuse, juste, déchirante et poignante, belle et triste à la fois. Naomi ne parvient toujours pas à accepter totalement son homosexualité et surtout le fait d’être aussi amoureuse et dépendante de façon presque dangereuse à Emily.

 

Résultat des courses : elle trompe Emily avec une fille qui, manque de pot, était dépressive et se suicide en pleine Skins party face à l’impossible amour de Naomi. La triste révélation va anéantir Emily qui voyait en Naomi la femme de sa vie. Les deux filles, qui vivent en plus ensemble, vont ainsi passer leur temps à se déchirer et s’entredéchirer, entre fumette, pleurs, cris et tromperie, jusqu’à toucher le fond. Leur mal-être transparait encore une fois et nous touche. Une belle réussite.

 

Les autres personnages ne sont pas totalement en reste. JJ apporte toujours la touche d’humour, de fantaisie, de candeur et de naïveté de la saison. Oui, bon, lui aussi est totalement fou et sous antidépresseur mais quand bien même, son intrigue d’amourette pathétique était très réjouissante. Dans la série des réussites, ils ont également réussi à rendre Katie attachante. Toute l’intrigue où ses parents perdent sa maison à cause des dettes de son père était paradoxalement drôle et touchante. Je regrette seulement qu’on n’ait pas exploité plus en profondeur les conséquences de sa stérilité.

 

J’ai l’impression de ne parler que de drames depuis tout à l’heure, rassurez-moi, je ne vous aie pas déprimé pour la semaine ? Reste ma véritable déception de la saison : Panda. On ne la voit quasiment pas et c’est dommage, c’était l’un des personnages les plus légers, les plus déjantées, les plus drôles et « dans leur monde » de la série. Surement un dommage collatéral des scénaristes par rapport à leur volonté de faire une saison plus grave. Avec le recul, on ne s’en plaindra donc pas vraiment.

 

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Meilleur épisode de la saison : 4.02 - Emily.

Pire épisode de la saison :4.01 - Thomas.

 

Conclusion : Avec cette saison éreintante en émotions, Skins a probablement voulu briser son image de série fêtarde, prétexte à une surenchère de trash et de « Skins party » ayant fait taches d’encre dans toute l’Europe. Skins a grandi, s’est véritablement métamorphosée pour nous livrer une saison magistrale, nous plongeant au plus profond du désarroi, de la détresse et des démons des personnages. Toujours présente là on ne l’attend pas, Skins est devenue une série extrêmement sombre, dévastatrice et autodestructrice, n’hésitant pas à repousser les limites du tragique comme jamais aucun teen soap ne l’a fait. Mes amis, nous sommes en présence d’une grande série.

 

COLE. Twitter : http://twitter.com/Cole4616

(Crédit photos ©  DR. )

 

Précédentes chroniques : http://www.leblogtvnews.com/categorie-11513584.html .

 

Participations cette saison, pour épauler Cole, de :

Tao (Critik en Séries)

Lulla (Des News en Séries)

Alain Carrazé (8 Art City)

Pierre Langlais (Tête de séries)

Pierre Serisier (Le Monde des Séries)

Btv27 (Series Live)

Dylanesque (Dylanesque TV)

Et Boodream.

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Commenter cet article

Marie 30/08/2010 19:34



J'avais vraiment détesté la saison 3, mais celle là est géniale. J'ai adoré la dernière scène avec Cook =)



Lulla 30/08/2010 18:52



Je partage ton ehtousiasme quant à cette très belle et poignante saison 4. Je crois même que c'est ma préféré avec la 2ème. Tu l'as très bien décrite.



Skyler 30/08/2010 18:16



Depuis plusieurs jours je lis les commentaires et j'en vois qui proteste sur ce classement. J'ai compris depuis bien longtemps (surtout quand j'ai vu la place de place de merlorse place en fait)
que le classement de Cole était tout à fait subjetif. Je pense que le classement n'est que pretexte à revenir sur une année de série télé. Il ne faut pas s'attacher au top, mais au critique.


Il y a des classements qui se veulent plus objectif que certain, essayant le laisser de côté toute émotion qui ferait que le classement ne serait pas relatif de ce qu'est la qualité de la série
par rapport à une autre. Mais arrêtons ! On regarde une série autant avec un oeil critque qu'avec nos émotions. Si une série me touche réellement plus qu'une série sans imperfecton, je vais pas
chipoter trois heures. Quoi qu'il arrive je serais plus marqué par la première que par la seconde.


Bon en attendant, j'ai été déçu de cette saison 4, et je l'aurais pas vu à cette place, mais c'est une question de point de vu. Ta critique m'a pourtant, presque, donné envie de la revoir =)



serieStreaming 30/08/2010 15:35



Tu es l'équivalent masculin des fans de gossip girl, placer cette série pour ados en phase de dépucelage avant Breaking Bad et Modern Family nuit à la fiabilité de ton classement, et inutile de
sortir le prétexte que ce choix repose uniquement sur tes (mauvais) goûts personnels. J'espère quand même que United States of Tara fait partie de la liste.



Yumeno 30/08/2010 13:37



Non, là, c'est juste pas possible.


 


Skins devant la saison 3 de Breaking Bad, alors que la série britannique ne cesse de sombrer depuis son excellente saison 1.


 


Je n'adhère absolument pas.


 


La critique est quand même bien écrite, cela dit. Et c'est le principal.



Pierrick 30/08/2010 12:41



Merci Cole pour ton travail, toujours agréable à lire, et amusant !



XXL 30/08/2010 09:32



Un brun trop bien classée quand même, par rapport aux séries qui l'ont précédé la semaine dernière. Mais la critique est excellente !


Mais pourquoi 8 épisodes contre 10 habituellement, au fait ?



Fab. 30/08/2010 08:43



On sent que tu l'aimes cette série :)


ptdr le passage sur Glenn Close  tu as trop vu Liaison fatale étant ado ?



@llo 30/08/2010 08:36



Je continue à tiquer des places de Modern family et Breaking bad ;)) Mais je ne lirai pas cette chronique n'ayant pas encore vu la saison 4.