Affaire PPDA : Les éditions Lattès publient ce mercredi l'ouvrage Honte, de Florence Porcel.

« Être une femme aujourd’hui, c’est être une battante. C’est être une survivante. C’est vous autoriser à être vulnérable, à avouer votre honte, ou votre tristesse, ou votre colère. Il faut une grande force pour faire ça. »

Cette citation de l'artiste Lady Gaga (Harper’s Bazaar US, 2016) ouvre le livre Honte, de Florence Porcel, vendu dès demain, mercredi 11 janvier 2023. L'auteure, est-il annoncé, revient sur les raisons profondes et intimes de la honte qui l’ont bâillonnée de nombreuses années et l’ont empêchée de porter plainte contre PPDA.

Interrogée dans les colonnes d'Aujourd'hui en France, Florence Porcel révèle qu'en portant plainte, elle a tout perdu. "Il faut vraiment que les gens comprennent qu’une femme ne gagne jamais rien à dénoncer des violences sexuelles, a fortiori contre un homme si puissant. Contrairement à ce qu’on voit dans les séries américaines, en France, aucune victime ne négocie d’indemnisation financière. Ça n’existe pas dans notre pays. Nous n’avons rien à gagner."

Affaire PPDA : Les éditions Lattès publient ce mercredi l'ouvrage Honte, de Florence Porcel.

Le début de l'introduction du livre :

Il existe des hontes qu’il est de bon ton d’avoir. J’ai appris à m’en débarrasser.

Il existe des hontes universelles qui nous confortent dans notre appartenance au genre humain.

Il existe des hontes que l’on traverse, et d’autres qui nous empêchent.

Il existe des hontes plus ou moins puissantes, des hontes furtives et des hontes qui s’ancrent.

Il existe des hontes si terribles. Des hontes qui foudroient.

Le 15 février 2021, j’ai porté plainte pour viol aggravé contre un homme que le major chargé de l’enquête préliminaire qualifiera, dans une synthèse de l’ensemble des témoignages et des plaintes déposées, de « prédateur sexuel abusant de sa notoriété et usant d’un mode opératoire similaire dans l’approche de ses victimes et dans la brutalité de ses actes, commis sans la moindre tentative de séduction, ni la moindre considération envers les femmes qui osaient refuser ses avances ».

Les trois semaines dévolues à l’écriture de la plainte ont été un cauchemar, tant il m’a fallu replonger dans les années les plus sombres, les plus poisseuses, les plus douloureuses de ma vie, pour reconstituer, minute par minute, voire seconde par seconde, les deux événements qui ont fait basculer le cours de mon existence.

J’ai fouillé mon passé, exhumé mes archives. Reconstruire la chronologie de cette période a provoqué nausées, états grippaux et mal-être. J’étais submergée par les souffrances liées aux violences subies. J’étais oppressée par la honte.

Cette honte d’avoir été violée, cette honte d’avoir réagi comme j’ai réagi, cette honte de n’avoir pas agi comme je n’ai pas agi, cette honte devant le contenu de ces souvenirs exhumés, de ces textes arrachés à la torpeur dans laquelle ils auraient dû rester, de ces documents si intimes que n’importe qui préférerait crever plutôt que de les montrer à quiconque.

Non seulement je devais les partager, mais en plus je savais, eu égard à l’identité du prédateur, que le risque qu’ils soient rendus publics était total. En m’adressant à la justice, ma honte, mon incommensurable honte, deviendrait nationale.

Hélas, la préparation de la plainte qui m’avait semblé si douloureuse, si difficile, si laborieuse, n’était rien par rapport à ce qui m’attendait.

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