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Ce jeudi soir, à 23 heures sur France 2, " Infrarouge".
Le réalisateur de cinéma et de télévision Yves Boisset s'est penché sur l'énigme de l'Ordre du Temple Solaire.
Cette secte sévissait entre autres en France, en Suisse et au Quebec, entre 1994 et 1997. 74 personnes sont mortes au cours de cinq étranges "suicides" collectifs...Meurtres soutiennent certains.
Un procès confus et bâclé en 2001 à Grenoble n'a guère permis de faire la lumière sur les raisons pour lesquelles 74 personnes ont été assassinés ou "suicidées" avant d'être immolées par le feu.
Sans prétendre apporter la lumière définitive sur une affaire aussi violente et aussi complexe, ce film souhaite approcher une vérité que personne, jusqu'ici, ne semble avoir vraiment recherchée, en tentant de démêler l'imbroglio judiciaire qui résiste toujours autour de cette affaire.
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Extraits d'une interview d'Yves Boisset accordée au dernier trimestre 2005 en Suisse :
"C'est l'une des histoires criminelles les plus étranges et les plus horribles qu'on ait jamais connues! 74 morts et pas de coupables... Certaines zones d'ombre n'ont pas été explorées. Je vous cite l'enquête financière, sur laquelle la police et la justice suisses ont révélé une timidité de violette. En France, une instruction interminable a débouché sur une catastrophe judiciaire annoncée: le seul mis en cause a été Michel Tabachnik, finalement relaxé au bénéfice du doute. Sans parler du juge Piller, en Suisse, qui a fait brûler toutes les pièces à conviction. Cela valait le coup d'investiguer. "
"Nous allons dévoiler quelques trucs nouveaux, mais en général beaucoup d'éléments restent troublants. Dans le Vercors, par exemple, la combustion des corps alignés semble bien indiquer l'intervention d'un lance-flammes. Or, la thèse d'un geste extérieur a été écartée très vite par les enquêteurs. "
"Les dérives financières liées à l'OTS donnent des pistes intéressantes, en Suisse ou en France. On retrouve l'ombre d'hommes politiques influents, des anciens ministres, et des mouvements mafieux dans l'immobilier et le trafic d'armes. Dans le midi de la France, un certain nombre de gens n'ont pas envie qu'on remue ces choses et voudraient qu'on laisse les cadavres en paix. Et eux aussi par la même occasion! "
"Inutile de vous dire que le film sera décortiqué par les services juridiques de France 2 pour que rien ne puisse être assimilé à une diffamation ou une mise en cause. C'est peut-être dommage. Mais je crois que nous aurons un éclairage nouveau et argumenté. "
Les dates clés de l'OTS ( source France 2, dossier de presse ) :
1984 : Fondation à Genève de l'Ordre international chevaleresque de tradition solaire (OICTS), rebaptisé ultérieurement Ordre du temple solaire (OTS).
1984-1993 : Jo di Mambro et Luc Jouret, les deux dirigeants de l’OTS recrutent en Suisse, au Canada et en France, principalement des nantis, bien établis professionnellement (des cadres dirigeants d’HydroQuébec au directeur financier des montres Piaget en passant par la famille Vuarnet).
1993 : Au Québec, Luc Jouret est condamné à un an de probation pour une affaire embrouillée d'achat d'armes légères.
Du 4 au 6 octobre 1994 : Crimes, suicides et incendies en série font 53 morts, tous membres de l'Ordre, au Québec et en Suisse. Ils ont été découverts carbonisés dans des demeures incendiées, après avoir été poignardés à Morin Heights, Québec ; tués par balles à Cheiry ou drogués à Salvan, Suisse. Parmi les victimes : Jo di Mambro et Luc Jouret.
16 décembre 1995 : 16 personnes, membres de l’OTS, ont été immolées par le feu dans une clairière d'un plateau du Vercors, près de Saint-Pierre-de-Chérennes (Isère).
22 mars 1997 : 5 nouvelles victimes à Saint Casimir, Québec.
Avril-juin 2001 : Procès de Michel Tabachnik, supposé numéro trois de la secte, finalement relaxé.
15 septembre 2003 : Une expertise privée menée par le Professeur Gilbert Lavoué, expert judiciaire en incendie, à la demande des parties civiles relance l’affaire. L’expertise prouve que le groupe a été abattu par balles puis carbonisé avec un lance-flammes à jet directionnel.
22 septembre 2003 : Procès en appel de Michel Tabachnik, renvoyé au 14 juin 2004.
25 Mars 2004 : Le procureur de la République de Grenoble rejette la demande de réouverture de l'information judiciaire.
13 juin 2005 : Procès en appel de Michel Tabachnik, renvoyé au 17 janvier 2006