30 Octobre 2006

Diffusion : France 2. Première partie, ce mardi 31/10. 20h50.
France 2 va diffuser aujourd'hui le premier des quatre volets de l'émission de Yann Arthus Bertrand : Vu du ciel. La production est de Jean Louis Remilleux.
Il y aura d'ici le printemps 2007 4 prime time sur les grands problèmes de la Terre.
Ce ne sera pas une émission alarmiste mais un témoignage fort avec des images qu'on nous promet superbes et des portraits des grands acteurs du changement. Pour alerter le téléspectateur sur les atteintes parfois irrémédiables que l’homme fait subir à l’environnement, Vu du Ciel prend le parti de l’émerveiller d’abord par des images exceptionnelles – chaque film est tourné en Haute Définition – avant de dénoncer les coups portés contre la nature à la faveur d’enquêtes et de reportages réalisés par une équipe chevronnée partout dans le monde.
Vu du Ciel se donne l’ambition de faire un état des lieux de la planète, sans catastrophisme mais sans concession, en mettant à l’honneur tous ceux – scientifiques, naturalistes, anonymes – qui se sont engagés concrètement dans la bataille pour notre survie.
Cette série d'émissions est comme le souligne le Journal du Dimanche le devenir de la planète raconté aux enfants. Pour autant, Yann Arthus Bertrand n'oublie pas les plus grands, qu'il nourrit de chiffres sérieux et alarmants. Constat sans appel : en trente ans, on a perdu 30 % de tout ce qui vit !
Les thèmes abordés : la biodiversité ( ce mardi ), la guerre de l'eau douce, les hommes et leurs ressources et, enfin, la mer et les océans.
Au sommaire du premier numéro : La disparition des hippopotames en République démocratique du Congo ( 800 au bord du lac Edward au Congo contre 30.000 jadis ! ), la disparition des jaguars et des loutres géantes du Pantanal au Brésil, la déforestation au napalm de la Tasmanie, l'exploitation d'une plante contre le paludisme en Chine, le déséquilibre du lac Victoria suite à l'introduction de la perche du Nil, les effets du réchauffement climatique au Groenland.
Parmi les reportages :
- Kenya : les lions du Masai Mara
La réserve du Masai Mara est un endroit unique pour observer les hommes en liberté. Comme l'homme ne chasse plus ici depuis plus de 60 ans, pour eux nous ne sommes ni des prédateurs ni du gibier: nous sommes acceptés.
Pour tous ces grands fauves, il n'y a pas vraiment de chance de vivre en harmonie avec l'homme. Tout va bien quand ils se trouvent dans un espace protégé, comme le Masai Mara. Mais si un lion franchit les limites du parc, et si vous êtes un Masai dont le troupeau est attaqué par un lion, ce lion ne vous semble pas du tout merveilleux. Il détruit votre moyen de subsistance.
Ce qu'on voit aujourd'hui dans ces parcs est presque un mensonge: on a l'impression qu'il y a des lions partout en Afrique alors qu'ils sont cantonnés dans des parcs. Il y a dans le Masai Mara 500 lions environ. Ca semble beaucoup, et puis quand on regarde un lion on a l'impression que c'est une créature so forte que rien ne pourra la déranger. Mais il ne faut pas se leurrer. On estime aujourd'hui qu'il y a probablement moins de 40 000 lions dans toute l'Afrique. De même qu'il ne reste que 6000 tigres en Asie, alors qu'ils étaient 100 000 il y a un siècle.
Si les grands fauves sont protégés dans le Masai Mara, à l'extérieur ils ont un gros problème. Et ce problème c'est l'homme. Car nous sommes en compétition avec eux pour les territoires.
- Tasmanie : la deforestation au napalm.
La déforestation n'est pas un problème réservé aux pays en développement. Ce qui se passe en Tasmanie, au sud de l'Australien est particulièrement choquant. On y pratique une déforestation massive au Napalm. Bob Brown, sénateur, docteur en médecine et militant écologiste, se bat depuis vingt ans pour protéger la forêt. Car derrière les forêts "carte postale", à l'abri du regard des touristes, l'industrie forestière lâche des centaines de balles de napalm par hélicoptère au dessus de la forêt primaire. Au contact du sol, elles explosent, provoquant des incendies. L'objectif: nettoyer le terrain, détruire toute la forêt primaire et les espèces y vivant pour la remplacer par des plantations industrielles à la croissance rapide au tronc bien calibré pour les machines. Les feux peuvent durer plusieurs semaines. Des arbres centenaires, comme les eucalyptus de Tasmanie, dont certains atteignent 130m de haut, sont détruits. C'est aussi le cas des plantes rares de la canopée. Plus de 90% du bois coupé part au Japon pour faire du papier. Seul 3% des arbres coupés sert à fabriquer des meubles ou des objets nobles. Le secteur du bois a perdu la moitié de ses emplois en trente ans. La destruction prend des proportions tellement alarmantes qu'une vingtaine de scientifiques australiens, spécialistes de l'environnement, ont lancé une alerte commune aux autorités. Les études montrent que les nouvelles forêts comprennent dix fois moins d'espèces que la forêt primaire. Ici, trois cent millions d'années d'évolution ont été anéanties en moins de trente ans.
- Groenland. Menaces.
Sur le territoire du Grand Nord règne un maître incontesté: l'Ours Blanc. C'est le plus grand carnivore de la planète. Il en subsisterait seulement 22000. Il se nourrit principalement de bébé phoques, les blanchons. L'ours recherche la viande mais surtout la graisse du phoque. Il doit en effet reconstituer sa propre couche de graisse, qui augmente sa protection thermique. Aujourd'hui le maître des glaces vacille. L'ennemi est sournois: c'est le réchauffement climatique et la fonte des glaces. L'activité humaine a fait grimper ici le mercure deux fois plus vite que dans le reste de la planète. Pour l'ours polaire, c'est une catastrophe. Son territoire de chasse, la banquise, se réduit progressivement. Sans banquise, pas de phoque, pas de graisse, et donc pas de réserve pour l'ours. La maigreur et la mort à coup sur. Selon certaines études, l'ours polaire pourrait disparaître d'ici cent ans.
Mais l'homme non plus n'est pas épargné. Pour les 1300 Inuit d' Upernavik, au Groenland, le réchauffement n'est pas pour demain. Il est déjà une réalité. La baie d' Upernavik, d'habitude glacée jusqu'à mi Juin, est depuis 5 ans en eau à partir de la mi avril. Autrefois, les Inuits utilisaient des chemins ancestraux pour se déplacer sur la glace. Désormais ils ne le peuvent plus, et doivent inventer de nouveaux chemins pour passer d'un village à l'autre. Ils sont plus difficiles à trouver et demandent plus d'efforts, car ils passent souvent par la montagne. Les accidents sont en augmentati
Un autre ennemi, lui aussi venant de très loin, attaque l'Arctique: la pollution. Les pesticides, les métaux lourds, le mercure émis par les industries sont transportés par les vents et les courants en Arctique. La concentration toxique dans les eaux et les planctons du grand Nord est énorme. Au bout de la chaîne alimentaire animale, l'Ours Blanc est une nouvelle fois victime. Au final, les polluants sont trois milliards de fois plus concentrés dans ses graisses que dans les eaux où il nage. L’homme est également touché : l'augmentation des toxiques dans les organismes des ours et des Inuits est terriblement inquiétante. Le nombre de cancers du sein a doublé en dix ans, pendant que le lait maternel pourrait très être classé comme toxique.
Actu des médias par 2 passionnés, amateurs. Et tweets perso.
Voir le profil de leblogtvnews.com sur le portail Overblog