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Série documentaire inédite dès ce soir : Liban, des guerres et des hommes.

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Ils sont épicier, agriculteur, libraire, mère de famille, ingénieur, musicien… Hommes et femmes de différentes générations, ils ont vécu les combats meurtriers qui ont déchiré le Liban depuis 1975. En recueillant leurs paroles pour un film documentaire en trois parties, Frédéric Laffont signe une oeuvre universelle sur la destinée des êtres dans le fracas des guerres. Première partie ce dimanche à 22 heures sur France 5.

 

Près de quarante années après le début du conflit libanais, en avril 1975, l’histoire du Liban en guerre reste à raconter. Fil rouge du film de Frédéric Laffont : le peuple libanais, son urgence de vivre, ses souffrances et ses rêves, son enracinement dans sa terre. Après plus de trois années de réalisation, le film repose sur les récits personnels des « sans-voix » du Liban. Tous s’expriment à la première personne. Pas de porte-parole, de chef ou de spécialiste, personne ne parle au nom d’un groupe religieux, d’un camp ou d’un parti. Pas d’analyses, mais une somme de témoignages, comme une mosaïque de destins et d’expériences personnelles filmée à hauteur d’homme. Différents points de vue composent l’espace du film comme les pièces éparpillées d’un puzzle. Les êtres et leurs histoires, parfois des ennemis d’antan, y cohabitent en paix. Un film de référence sur la guerre, mais aussi une oeuvre pour la paix.

 

Episode 1, ce soir : 1975-1982

Dans ce premier épisode, les Libanais rappellent comment des hommes et des femmes ordinaires prennent les armes. Pour certains, la guerre est un passage à l’âge adulte, presque un jeu. Elle semble alors être la solution aux problèmes du pays. Très vite, deux camps s’opposent : une ligne de démarcation coupe Beyrouth en deux secteurs. Les francs-tireurs prennent position. C’est le temps des barrages, des disparitions et des premiers massacres. Au fil des années, la haine et la peur grandissent. Les alliances se font et se défont. Syriens et Israéliens envahissent le Liban. On aménage la vie quotidienne comme on peut, on vit avec la mort et on finit par s’inquiéter quand c’est calme.

 

Episode 2 : 1982-1990

Les Libanais reviennent sur l’embrasement général du pays. La ville de Beyrouth est envahie par les soldats israéliens. Assassinat du président Bachir Gemayel, massacre des Palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila… Les alliances du passé explosent comme les voitures piégées. Premiers otages occidentaux, la communauté internationale se retire. Après avoir tiré sur celui d’en face, on tire sur le voisin de sa rue, puis sur celui de son immeuble. On tire enfin sur son frère. « L’arme n’est plus un outil, elle devient mon cerveau. » Le chaos touche toutes les communautés qui s’entre-déchirent. « Ce n’est plus une guerre, mais un vaste crime. » Premiers accords de paix, par épuisement. Le pays est en ruine.

 

Episode 3 : 1990-2012

Dans ce dernier épisode, les Libanais racontent la reconstruction de Beyrouth en rasant le passé. Pas de manuel scolaire pour raconter l’histoire. Les pierres reçoivent plus d’attention que les êtres. Des guerres encore. Fin des occupations israélienne (2000) et syrienne (2005). Assassinat de Rafic Hariri. D’autres lignes de démarcation, invisibles, séparent encore les Libanais. Crainte d’une reprise de la guerre. Printemps arabe, révolution en Syrie, « le Liban est au coeur du volcan ». Des ex-combattants de différentes confessions disent non aux armes et oui au dialogue. S’esquisse enfin la nécessité vitale de vivre avec l’autre.

 

Frédéric Laffont a voyagé et filmé au Liban depuis 1985. Auteur et réalisateur d’une soixantaine de films documentaires diffusés mondialement, il a remporté les plus prestigieuses distinctions de la profession, dont le prix Albert-Londres, pour La Guerre des nerfs, l’un de ses reportages au Liban.

 

Frédéric Laffont : "Le Liban occupe mon imaginaire depuis plus de vingt-cinq ans. J’avais 20 ans quand, participant à La Course autour du monde, j’ai voulu aller à Beyrouth en guerre pour y filmer le quotidien d’un fleuriste qui livrait ses bouquets de part et d’autre de la ligne de front. La fermeture de l’aéroport, pour cause de bombardements, m’aura privé de ce premier voyage. Ensuite, assez vite, j’ai pu m’y rendre. A plusieurs reprises, j’y ai filmé le quotidien pendant les combats, en prenant mes distances avec l’actualité immédiate. J’ai connu la vie dans les abris, les francs-tireurs, la peur, mais aussi une urgence extraordinaire de vivre… et cela m’a lié de façon particulière avec les Libanais. Ce qui s’est passé depuis 1975 n’est toujours pas raconté dans les manuels scolaires libanais. Pour les écoliers, l’histoire s’arrête en 1943, l’année de l’indépendance du Liban. Depuis ? Rien. Les seigneurs de guerre de tous bords se sont amnistiés, et le peuple reste orphelin de son histoire. C’était pour moi le moment de filmer ceux qui avaient traversé ces années de guerres qui semblent ne pas vouloir finir. Recueillir les paroles et donner à voir les visages de ces anonymes qui allaient disparaître, mais surtout faire, à mon niveau, oeuvre de paix. Je n’ai peut-être pas cessé de filmer le fleuriste de mes 20 ans…"

 

Crédit photo © Artline Films / Camera Magica.

 

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E
<br /> Le problème du Liban c'est qu'il est gangréné par les religions et le communataurisme, même le pouvoir politique est divisé selon ce principe...<br />
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