12 Janvier 2006

Médecins sans Frontières a publié jeudi une liste des crises humanitaires les plus oubliées par les médias.
Le lourd bilan humanitaire causé par les conflits en République démocratique du Congo, en Haïti, en Tchétchénie et dans le Nord de l’Inde font partie des 10 crises humanitaires les moins médiatisées en 2005 selon la liste annuelle émise aujourd’hui par MSF. Cette liste souligne le manque d’attention de la part des médias à la situation des populations prises dans les conflits chroniques en Colombie, au Nord de l’Ouganda et en Côte d’Ivoire, et les crises qui perdurent en Somalie et au Sud du Soudan. L’absence de recherche et développement pour de nouveaux outils liés au VIH/sida dans un contexte de pauvreté a aussi été ignorée par la presse en 2005.
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO :
La population congolaise décimée par la guerre et les maladies
Les souffrances et la pauvreté extrêmes infligées à des millions de Congolais passent presque inaperçues aux yeux du monde entier. Depuis la mi-novembre, les combats entre l’armée congolaise (FARDC) et les rebelles Mai-Mai ont repris et ont entraîné le déplacement de dizaines de milliers de personnes dans toute la province du Katanga, dans le Sud-Est de la République démocratique du Congo
De récents sondages menés par MSF ont révélé des taux de mortalité infantile très élevés dans plusieurs régions : plus de six fois le seuil d’urgence dans la ville marquée par la violence de Lubutu et plus de cinq fois ce seuil dans la ville de Inonge qui est plus stable. Les sondages ont également indiqué que peu de gens ont accès aux structures de santé, encore moins à des traitements, même dans les régions qui ne sont pas ravagées par la violence, en partie parce qu'ils ne peuvent pas payer les frais, ce qui entraîne des taux encore plus élevés de décès dus à des maladies comme le paludisme, le VIH/sida, la tuberculose et le choléra.
TCHÉTCHÉNIE:
Des besoins énormes, l’insécurité et une réponse inadéquate pour des Tchétchènes qui vivent dans la peur
Pris entre les forces de la Fédération russe et les groupes armés tchétchènes, les civils traumatisés continuent d’écoper des conséquences de cet interminable conflit et constatent qu’ils n’ont nulle part où aller pour être en sécurité.
La réponse de la communauté internationale en terme d’aide est extrêmement minime et le conflit tchétchène a pratiquement disparu de l’agenda politique international.
HAÏTI :
La capitale d’Haïti secouée par des vagues de violence
A Port au Prince, des gens tombent et meurent sous les balles, tués délibérément ou accidentellement par toutes les factions armées qui luttent dans les bidonvilles côtiers, ou « quartiers populaires », et la violence, politiquement ou criminellement incitée, se répand partout dans la ville.
VIH/sida :
Pas de Recherche et Développement pour des outils liés au VIH/sida en contexte de pauvreté
La situation est bien connue – plus de 40 millions de personnes partout dans le monde sont atteintes du VIH/sida, et chaque jour, 8000 personnes meurent de maladies liées au sida, dont 1400 enfants. Bien que la pandémie du VIH/sida reçoive régulièrement l’attention des médias, personne ne se penche sur la quasi-absence de recherche et développement (R et D) visant à mettre au point des nouveaux outils à l’intention des patients les plus touchés par la crise du sida, notamment les pauvres dans les pays en développement.
NORD-EST DE L'INDE :
Des affrontements dans le Nord-Est de l’Inde font de nombreuses victimes parmi les civils
En raison des affrontements très nombreux qui sévissent dans le Nord-Est de l’Inde, environ 40 000 personnes de Karbie Anlong et de la région nordique du district voisin de Cachar ont dû quitter leur village pour trouver refuge dans les montagnes avoisinantes. Au cours des cinq dernières années, plus de 150 000 personnes ont quitté leurs demeures à cause de la violence dans la région. Sans nourriture, abris ni autres ressources, les déplacés n’ont souvent nul autre choix que de se rassembler dans des camps surpeuplés mis sur pied par le gouvernement de l’État, où la pénurie générale de provisions a provoqué des flambées de rougeole, de diarrhées et d’autres maladies. Depuis plus de huit ans, les autorités ont maintenu des milliers de personnes de ces camps dans des conditions déplorables.
SUD DU SOUDAN :
La guerre est officiellement terminée, mais les besoins urgents sont toujours criants au Sud du Soudan .
SOMALIE :
Les Somaliens subissent un conflit et des privations sans fin
Somalie est un état dépourvu d’un gouvernement central. Un conflit qui perdure depuis quatorze ans a provoqué l’effondrement des structures de santé publique et la disparition quasi totale des services de santé. Dans la plupart des régions du pays, des groupes armés ont pillé ou gravement endommagé les cliniques et les hôpitaux. Selon les estimations de l’ONU, les effectifs médicaux s’élèvent à quatre médecins et 28 infirmières ou sages-femmes pour 100 000 personnes. Les gens doivent parfois se déplacer sur une distance de plus de 800 kilomètres pour atteindre l’un des rares centres de santé. Les conséquences de cette situation sont catastrophiques : la malnutrition, l’extrême pauvreté et la sécheresse ne constituent que quelques-unes des épreuves qui affligent les Somaliens.
COLOMBIE :
Les Colombiens pris dans un étau de violence et de terreur
Sur fond de trafic de drogue et de lutte pour le contrôle des ressources naturelles, les forces militaires gouvernementales, les groupes paramilitaires et les guérilleros armés s’affrontent depuis des décennies, terrorisant et ciblant les civils, tant dans les régions rurales qu’urbaines. La violence est toujours la première cause de décès dans le pays et plus de trois millions de personnes ont dû fuir leur foyer. La Colombie enregistre maintenant le troisième taux le plus élevé de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP) au monde, après le Soudan et la République démocratique du Congo.
OUGANDA :
L’insécurité aggrave une situation déjà désespérée dans le Nord de l’Ouganda
Depuis près de vingt ans, la population du Nord de l’Ouganda est victime de conflits terribles, notamment des attaques perpétrées par l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) et des déplacements imposés par le gouvernement. Aujourd’hui, plus de 1,6 million de personnes, soit près de 80 pour cent de la population du Nord, ont été déracinées et forcées à se rendre dans des camps qui offrent une fausse sécurité et très peu d’assistance.
CÔTE D ’IVOIRE :
La crise s’aggrave en Côte d’Ivoire
La récente mise sur pied d’un gouvernement de transition suscite certains espoirs mais n’entraîne aucun répit immédiat pour des dizaines de milliers de personnes atteintes de maladies traitables comme le paludisme et la rougeole. MSF mène des programmes médicaux de part et d’autres du front et est le seul à fournir des soins primaires et secondaires gratuits dans nombre de régions.
Le paludisme constitue une énorme menace partout dans le pays et MSF a traité plus de 70 000 cas en 2005. En raison de l’éclatement des familles et de l’afflux de soldats, nombre de femmes et de jeunes filles sont davantage exposées aux violences sexuelles et aux grossesses non désirées, à la prostitution et aux maladies sexuellement transmissibles (MST). Les équipes de MSF qui travaillent à l’ouest de la Côte d’Ivoire ont décelé des taux de MST alarmants, un des nombreux problèmes de santé affectant les Ivoiriens.
(photo cop. Tom Craig )
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