27 Avril 2007
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Attaque très lourde de François Bayrou au micro de RTL ce matin. Au lendemain de l'annulation du débat prévu samedi sur C+, le candidat UDF invité par Jean-Michel Aphatie, évoque des manipulations. Je vous ai fait un résumé de ce qui a été dit ce vendredi...
"Lorsque j'ai tenu une conférence de presse mercredi, j'ai parlé de la part de Nicolas Sarkozy d'intimidations et de menaces. C'est exactement là qu'on en est. Ce débat qui avait été organisé, à la demande de Canal+,(...)j'avais été invité à un débat par Ségolène Royal, j'ai accepté et j'avais dit que si Nicolas Sarkozy m'invitait à un débat, j'accepterai aussi.
(...) je veux rappeler que Ségolène Royal et moi avons ensemble recueilli près de 45% des voix. Ce qui est une part très importante des citoyens français qui ont droit à avoir des explications démocratiques des candidats, à voir leurs convergences et leurs divergences, voir leurs rapprochements et au contraire leurs affrontements.
Ce débat avait été organisé par C+, à la demande de la chaîne. Et puis s'y était joint un certain nombre de télévisions et de radios ( NDLR : en l'occurence : France inter et I-Télé). Il se trouve que ce débat a été annulé en prétendant qu'il y avait des règles du CSA et une demande du CSA qui empêcheraenit la tenue du débat...Ceci est absolument faux !"
Comment le savez-vous lui demande JM Aphatie...
"Parce que j'ai vérifié auprès du CSA ce qu'il en était, et parce que si jamais il y avait eu une intervention du CSA, il aurait été susceptible de recours devant le Conseil d'Etat. En référé, c'est à dire d'heure à heure. Et nous aurions ainsi sans aucun doute obtenu le respect de cette liberté.
Il s'agit, Jean Michel aphatie, d'une liberté fondamentale des Français. Et une part des enjeux de cette élection présidentielle, c'est le respect des libertés fondamentales des Français. Ici,par toute une série de réseaux, que nous connaissons tous, qui rapproche de très grandes puissances financières et de très grandes puissances médiatiques autour de Nicolas Sarkozy, des interventions directes sont faites auprès des rédactions, sont faites auprès des chaînes. De manière que l'information se trouve verrouillée.
Je n'accepterai jamais que dans mon pays, on verouille l'information. On est en train de choisir le chemin d'une regression immense qui met en cause le droit élémentaire des Français à être informé, et songez que Nicolas Sarkozy n'est pas encore élu. Alors, qu'en sera-t-il s'il est élu ?"
JM Aphatie demande ensuite à Bayrou de dire clairement que si C+ a annulé son débat avec Royal, c'est à la demande de Sarkozy ?
"Je n'en ai pas la preuve mais j'en ai la certitude."
Au sujet de pressions, c'est une certitude qu'il appuie sur des témoignages nombreux. Des intimidations selon lui pas seulement envers la direction de C+. "Pas seulement Canal+. A tous ceux qui s'interessaient au débat et qui avaient l'intention de le retransmettre."
C'est une accusation grave lui fait remarquer Aphatie.
"C'est une accusation certaine. Je dis les choses comme elles sont. Comme vous savez, je suis quelqu'un de modéré. Qui a toujours défendu la liberté chez nous et ailleurs (...)
Je n'ai jamais transigé avec ce droit fondamental, cette liberté fondamentale qui est d'être informé. Ce que je dis là, tout le monde le sait ! Y a pas dans ce studio une personne qui ignore ce que je suis en train de raconter là."
(...)
"Je dis avec certitude qu'il y a dans l'organisation de Nicolas Sarkozy depuis longtemps, une tentative de verouiller l'information. Que ceci passe par des puissances très importantes, que j'ai tout au long de la campagne électorale désignées comme étant un problème pour la France. Ce réseau qui fait que se rapprochent de très grandes puissances financières, de très grandes puissances médiatiques et la puissance politique que Nicolas Sarkozy représente, il faut que vos auditeurs sachent, que c'est un extraordinaire frein au progrès du pays. Un pays ne peut pas avancer s'il n'a pas l'information libre qui permet à chacun des citoyens de se faire une idée de son avenir. Et donc, je dis avec certitude que cela je ne peux pas accepter que cela se fasse. Et donc, autant qu'il dépendra de moi,(...) ce débat aura lieu !"
"Parce que deux candidats qui représentent 45%, c'est un droit légitime pour les Français de savoir ce qui les sépare, quelle est leur vision de l'avenir. Puisque la confrontation n'a pas pu avoir lieu avant le premier tour, il faut qu'elle ait lieu entre les deux tours".
"Je ferai tout pour que les libertés fondamentales en France soient respectées".
"Il y a 7 millions de personnes qui ont choisi de voter pour moi. Ces 7 millions de personnes représentent la droite modérée pour une part, le centre pour une grande part, une partie de la gauche républicaine pour une autre part et des gens venus de l'écologie ou d'ailleurs. Ils ont tous un point commun : ils pensent que pour réformer notre pays, il faut qu'il se modernise. Et pour se moderniser, il est important qu'il accepte enfin des règles démocratiques qu'il n'a jamais accepté jusqu'à ce jour. Or, au lieu d'aller dans le sens d'une correction, avec des règles démocratiques mieux respectées, Nicolas Sarkozy dans sa pratique de tous les jours,(...) il va au contraire dans le sens d'un manque aggravé de respect de ces règles. C'est la raison pour laquelle j'ai dit l'autre jour en effet qu'il représentait pour moi un risque pour la France(...) Et le risque de Ségolène Royal, c'est son programme économique(...)".
Il ajoute que l'un est un risque d'urgence, l'autre un risque à moyen terme avec ses choix économiques...
Intégralité de l'entretien à écouter sur ce lien RTL.
(Photo RTL )
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