Lumières noires. Documentaire de Bob Swaim sur France 2.

 

 

 

A l'occasion de la journée pour la mémoire et l’abolition de l’esclavage, France 3 diffuse ce soir le premier épisode de Tropiques amers. De son côté, France 2 diffuse à 22h55 un documentaire inédit de Bob Swaim, "Lumières noires".

 

Le réalisateur revient dans ce film de 52 minutes sur les circonstances de la tenue du colloque des intellectuels et artistes noirs, qui s'est tenu à la Sorbonne en 1956. Il explique pourquoi à l'époque les grandes puissances d'alors ont tout fait pour le perturber.

 

"Le 19 septembre 1956 se tient le premier congrès des écrivains et artistes noirs, évènement sans précédent. Ce congrès réunit des intellectuels qui jouent ou qui ont un rôle à jouer sur la scène politique. Il voit arriver des intellectuels africains, antillais et afro-américains qui vont étonner le monde entier et qui vont s’étonner eux-mêmes. De nombreuses personnalités affluent vers ce rendez-vous exceptionnel et catalyseur d’un mouvement dont personne ne mesure encore la portée. Cet évènement, riche en débats passionnés, en échanges interculturels, en la découverte de l’autre, prouve au monde qu’il n’existe pas un homme noir mais des hommes noirs.
Alioune Diop - avec Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire, créateurs de la première revue et maison d’édition traitant de la question et de l’identité noires, Présence Africaine, dans les années 40 - est à l’origine de ce congrès. Trois personnalités entières, dévouées, différentes mais complémentaires bouleverseront la donne nationale et internationale en lançant les premiers mots subversifs "exclusion raciale", "anticolonialisme", "indépendance". Des mots qui dérangeront le monde occidental et colonial.
L’Amérique n’est pas en reste avec les écrivains Richard Wright et James Baldwin qui, pour le compte du Encounter Magazine, écrira une brillante analyse de ce congrès. Cette analyse sera, pour les historiens et pour les générations futures, un des éléments phares de l’histoire africaine et surtout afro-américaine.

L’ouverture de ce congrès, durant la guerre d’Algérie, passe quasiment inaperçue aux yeux du gouvernement et de la presse française. Dès lors que les intervenants dépassent le caractère culturel du congrès en traitant de front les problèmes inhérents à l’identité noire et au colonialisme, la presse se déchaîne. Les gouvernements américain et français voient d’un très mauvais œil ce congrès qui pourrait plaire au régime communiste.
Rome 1959, avec son deuxième congrès, et Dakar 1966, avec son premier Festival des arts nègres, créé par Léopold Sédar Senghor, président du Sénégal, sont la suite logique de ce mouvement et aboutissent à l’émancipation. "

 

Photo France 2 / DR.

 

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