24 Mai 2007
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Eva Joly, la juge d'instruction de l'affaire Elf, publie un livre intitulé "la force qui nous manque" aux éditions des arènes, une autobiographie sur son parcours professionnel et personnel. Invitée de Marc-Olivier Fogiel sur RTL ce jeudi matin, elle a notamment tenu ces propos :
"La démocratie, ce n'est pas invoquer Jaurès ou Blum, la démocratie c'est des institutions qui fonctionnent et c'est la confiance dans les institutions. Une démocratie, ça se mesure à sa presse indépendante et à sa justice indépendante.(...)
Je trouve que ce que nous voyons en France est plutôt inquiétant, c'est à dire que nous voyons un Président de la République qui fête sa victoire d'élection avec Martin Bouygues, (...) et qui ensuite, le 22 mai nomme son directeur adjoint de campagne directeur adjoint de TF1. C'est là un mélange de genre. Et cette nomination avait été annoncée par l'Elysée. Et si vous voulez, pour moi, c'est une violation d'une règle fondamentale en démocratie, c'est que les choses ne doivent pas simplement être juste par exemple, et doivent aussi avoir l'air d'être juste. C'est à dire que les citoyens ne doivent pas s'interroger pour savoir si le directeur de la chaîne qui a jusque 50% de part de marché en France... - ce qui ne se voit nulle part ailleurs, c'est à dire que TF1 est une vraie machine de guerre pour la propagande -... cela me paraît être des conditions assez "Berlusconiennes". Et je souhaite mieux pour mon pays..."
Entretien complet à écouter sur ce lien audio (RTL)
A lire également :
Un papier du Nouvel observateur, "Les rédactions de Lagardère en colère".
Un article de Renaud Revel sur son blog, "Ah, les années Peyrefitte..."
Raphael Garrigos et Isabelle Roberts, de Libé : "TF1 déclenche un Solly scandale" (extrait : Selon nos informations, lundi, le nouveau patron de TF1, Nonce Paolini, a reçu Nicolas Beytout, patron du Figaro . Pourquoi ? Paolini songerait à remplacer son actuel directeur de l'information, Robert Namias, sur la sellette depuis des mois pour cause d'incompatibilité sarkozyste (c'est un chiraquien pur jus). Levée de bouclier immédiate de la hiérarchie de la rédaction : «Beytout, ça voulait dire réorganisation, ça mettait en cause tout leur système», note un cadre. Du coup, pour l'heure, l'hypothèse Beytout semble enterrée.)
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