7 Juin 2007
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France 3 diffuse ce jeudi puis 7 jours plus tard les deux parties du téléfilm inédit "Maison Dombais et Fils".
Une fiction inspirée de l'oeuvre de Charles Dickens, avec Christophe Malavoy. Et Deborah François, Pierre Santini, Marie-France Pisier.
« Maison Dombais et fils », inspiré de l'oeuvre de Dickens, raconte la bouleversante histoire d'amour entre un père et sa fille. Monsieur Dombais a deux enfants : une fille et un garçon. Il n'aime que son fils, l'héritier, dont la mère est morte en couches. Mais il n'a jamais eu un regard pour sa fille aînée, Florence. Effacée et timide, Florence grandit, partagée entre la crainte d'un père vénéré et la dévotion à un petit frère dont la santé est très préoccupante. Ce n'est que bien des années plus tard, ruiné par sa seconde épouse, vieilli et seul, que Dombais laissera parler son coeur et comprendra l'amour sans partage que lui porte sa fille...
Christophe Malavoy évoque son rôle :
"Je suis très sensible à l'univers de Charles Dickens. Je ne connaissais pas Dombey & Sons, mais j'avais lu Les Temps difficiles, Les Grandes Espérances, David Copperfield, Oliver Twist... Cet auteur possède l'incroyable faculté d'observer la nature humaine à la fois avec humanité et intransigeance, lucidité et férocité. Dickens dépeint sans concession la société anglaise à l'époque victorienne. La souffrance, très présente dans son oeuvre, touche l'ensemble de ses personnages. Lui-même a d'ailleurs beaucoup souffert durant son enfance. Faute de pouvoir régler leurs dettes, ses parents ont été emprisonnés. Il a dû travailler très jeune. On retrouve dans son oeuvre la trace de l'humiliation, de l'exploitation, du manque d'amour. Des thèmes puissants qui m'interpellent depuis toujours.
J'ai vraiment été touché par le personnage de Charles Dombais, pourtant à mille lieues de moi. Homme de marbre, pétri d'orgueil, il avance masqué, sans montrer ses émotions, de peur de dévoiler une petite brèche dans laquelle pourrait s'engouffrer un peu d'humanité. La difficulté a été de le comprendre. Pourquoi est-il aussi inflexible, intransigeant, aussi peu touché par l'amour indéfectible que lui voue sa fille ? C'est un être déshumanisé qui ne pense qu'au pouvoir, à la puissance, à son rang et à la transmission de sa fortune. Un rôle difficile mais qu'il faut associer au contexte d'une époque où la société était bâtie sur le libéralisme, le profit, la productivité et sur la domination de l'homme sur la femme. Les personnages complexes, sombres, sont très attirants. Il y a quelque chose de fascinant chez eux. Leur férocité, leur cruauté. C'est comme lorsque nous sommes au-dessus du vide, il y a une certaine attirance. Je pense que le mal nous taraude, car il fait partie de la nature humaine.
Dans la construction d'un personnage, il y a d'abord la transformation physique. On fabrique une silhouette, on se crée une tête différente. Ensuite l'interprétation. Les scènes de La Maison Dombais & fils étaient assez claires. Il fallait jouer avec une grande sincérité et éviter le commentaire, la surenchère. Je devais être à la fois dans la retenue et faire passer suffisamment de sentiments. Même si nous avons l'impression que Dombais ne ressent rien, il s'agissait de montrer l'existence de ses contradictions, de sa douleur. Ce qu'il cache. Un enjeu délicat et difficile pour moi mais que j'ai beaucoup apprécié.
Autre atout de cette aventure télévisuelle : redonner du style à la langue française. Il y a une richesse de vocabulaire qui exprime les sentiments dans la nuance. A l'ère des SMS, je trouve que c'est important de redonner vie à une langue qui a tendance aujourd'hui à être confinée et réduite à des expressions les plus simplifiées."
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