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Publié par Thomas Le 2 Octobre 2013.

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BBC WORLD NEWS revient sur l’attaque meurtrière du centre commercial de Nairobi « Terreur à Nairobi » jeudi 3 octobre à 21h30. Chaîne dispo en France sur Canalsat (canal 110) et Numericable (canal 63).

 

Ayant coûté la vie à plus de soixante personnes, l’attaque meurtrière du centre commercial de Nairobi, il y a moins d’une semaine, a attiré l’attention de l’opinion internationale sur le groupe terroriste Al-Shabab. Un groupe armé de mitrailleuses et de grenades qui a ciblé les non musulmans Kenyans et étrangers. Des femmes enceintes et des enfants font partie des victimes mortes au nom du Jihad. Avec de solides racines en Somalie et une alliance officielle avec Al-Qaïda depuis 2012, les membres du groupe Al-Shabab sont bannis des Etats-Unis et du Royaume-Uni.

 

Le journaliste Peter Taylor était déjà au Kenya alors que les derniers préparatifs de l’attaque étaient en cours. Il enquêtait sur les réseaux utilisés par le groupe terroriste pour traverser la frontière entre la Somalie et le Kenya facilement ainsi que sur la radicalisation des jeunes musulmans au Royaume-Uni et ailleurs.

 

Makaburi : le recruteur

Le journaliste Peter Taylor a rencontré Makaburi à Mombasa dans une pièce à peine plus grande qu’un placard. Ce n’est pas l’endroit qu’il attendait pour un face à face avec un imam radical se décrivant comme la cible numéro un du Kenya dans la lutte contre le réseau de recrutement du groupe Al-Shabab.

Makaburi, de son vrai nom Abubaker Shariff Ahmed, a été placé sur une liste du Conseil de Sécurité de l’ONU qui lui interdit de voyager en dehors du Kenya et lui a gelé ses actifs en 2012. La mise en accusation le décrit comme « un facilitateur de premier plan et un recruteur de jeune musulmans Kenyans pour une activité militante violente en Somalie » prêchant que « les jeunes hommes devraient se rendre en Somalie, commettre des actes extrémistes, lutter pour Al-Qaïda et tuer des citoyens américains ».

Makaburi ne s’excuse aucunement pour ses activités et estime qu’elles sont justifiées selon sa propre interprétation controversée des versets du Coran. « Il n’y a pas de musulmans modérés. Les prophètes ne nous enseignent pas la modération dans l’Islam. L’Islam est l’Islam » a-t-il dit. « Etre un musulman modéré c’est accepter que vos ennemis veulent ce que vous soyez » a-t-il continué. Même si Makaburi est surveillé –craignant l’assassinat- il ne vit pourtant pas dans la clandestinité.

Makaburi nie les accusations sur son financement direct du groupe Al-Shabab mais défend son droit au recours à la violence. « Al-Shabab utilise la violence pour empêcher son pays d’être envahi par des étrangers » a-t-il annoncé. « L’Amérique ou tout autre pays n’a pas le droit d’interférer dans la manière dont le groupe veut diriger le pays ».

 

Somalie : terre d’accueil et d’apprentissage

Peter Taylor s’est rendu avec Makaburi dans un pensionnat islamique en dehors de Mombasa où de jeunes musulmans, entre six et dix ans, certains orphelins, apprennent le Coran par coeur. Le fils de Makaburi est d’ailleurs l’un des étudiants. Selon Peter Taylor, le recrutement commence avec Makaburi et d’autres religieux radicaux qui livrent des sermons aux jeunes musulmans convertis et désireux de faire leurs preuves. Les futurs djihadistes, quelle que soit leur origine, sont activement guidés dans leur périple. On leur dit où aller, où rester et à qui s’adresser pour aller jusqu’en Somalie.

Le journaliste a rencontré deux jeunes Kenyans recrutés par Al-Shabab. On leur avait promis de l’argent pour leurs familles et « une place au paradis » comme récompense pour leur engagement. Une fois arrivés en Somalie, leurs rêves de Jihad et de gloire on été brisés.

L’un d’eux avait 14 ans lors de son voyage en Somalie. Il a été forcé de regarder la décapitation d’une nouvelle recrue ayant tentée de s’échapper du camp Al-Shabab à Kismayo : « Ses mains et ses jambes étaient attachées derrière le dos. Ils l’ont agenouillé puis ils ont pris un couteau bien aiguisé et ils l’ont massacré. Il hurlait comme un animal, comme une chèvre avant d’être abattue ». Le jeune homme est traumatisé par ce qu’il a vu et en fait encore des cauchemars. En dépit de cet avertissement et de tous les risques encourus, il a réussi à s’échapper et à revenir à Nairobi. Il vit désormais loin de sa famille craignant les représailles s’il était identifié comme un déserteur par le groupe Al-Shabab. Beaucoup de jeunes musulmans Kenyans voyageant vers la Somalie sont très jeunes, entre six et sept ans. La plupart du temps, les autorités apprennent leurs décisions de rejoindre Al-Shabab lorsque leurs mères viennent déclarer leur disparition.

 

Kenya : l’action des autorités

La marine militaire Kenyane avec le soutien du Royaume-Uni, des Etats-Unis et des partenaires Européens a réussi à perturber le système de recrutement d’Al-Shabab. En septembre 2012, les forces armées ont attaqué avec succès Kismayo, base logistique du groupe dans le sud de la Somalie et source importante de revenus. En conséquence, les activités des pirates somaliens ont également été réduites. Ces derniers utilisaient les rançons pour payer Al-Shabab et réaliser leurs actions en toute impunité.

La question clé pour Peter Taylor est de savoir comment ces religieux radicaux sont capables de réaliser leur recrutement ouvertement sans être poursuivis. Makaburi est en liberté sous caution en attendant son procès. Les autorités Kenyanes expliquent que ces recruteurs arrivent à opérer dans les limites de la loi. De plus, rassembler des preuves pour les condamner s’avère très difficile...

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