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BBC World News enquête sur les récentes allégations de viol et de torture au Sri Lanka.

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BBC WORLD NEWS a la preuve que les forces de sécurité du gouvernement sri-lankais sont impliquées dans la torture et le viol de civils tamouls cette année, quatre ans après la fin de la guerre civile. Un avocat britannique estime que ces preuves apportées par la BBC pourraient constituer des crimes contre l’humanité commis par le gouvernement sri-lankais.

 

Alors que les chefs d’Etat des pays membres du Commonwealth vont se réunir dans la capitale économique Colombo, du 15 au 17 novembre, les équipes de la BBC ont recueilli des témoignages sur les agissements des forces gouvernementales sri-lankaises infligeant des tortures à une population tamoule minoritaire, y compris dans les centres officiels de réhabilitation. Cependant, le gouvernement nie de tels abus et affirme que ces histoires ne sont que de la propagande visant à nuire au pays.

 

Dans le documentaire « Sri Lanka, une guerre sans fin », diffusé samedi 9 novembre à 18h30, la journaliste Frances Harrison rencontre ces Tamouls brutalement kidnappés et sauvagement attaqués durant cette année. Les victimes évoquent des méthodes barbares dont le viol, l’étouffement, les brûlures de cigarettes, le passage à tabac avec des tuyaux et la signature d’aveux forcés dans une langue qu’elles ne pouvaient comprendre.

 

La BBC WORLD NEWS a rencontré douze hommes et femmes dont les rapports médicaux et les demandes d’asile en Europe, et ailleurs, corroborent ces histoires. La plupart d’entre-eux ont été intérrogés de manière anonyme par crainte de représailles contre leurs parents restés au Sri Lanka et en raison de la stigmatisation entourant le viol. Pour certains, il était vital de raconter ces abus devant la caméra afin d’essayer de prévenir de futures attaques similaires.

 

Sous le pseudonyme de Nandini, une femme a décidé de raconter à la journaliste qu’elle a été kidnappée à son domicile puis violée à plusieurs reprises par des hommes en civils ou en militaires : « Environ cinq ou six personnes sont venues dans une camionnette et voulaient me parler mais ma mère ne les a pas laissé faire. Ils l’ont poussé à terre et m’ont attaché les mains et les jambes puis ils m’ont bandé les yeux pour me jeter dans la camionnette. Je ne pouvais pas voir où ils m’emmenaient mais le voyage a duré cinq heures. J’ai été jetée dans une pièce où des gardes ne m’ont pas permis de dormir. Ils ont commencé à me violer la première nuit et ils ont continué le lendemain matin. Je ne pouvais pas supporter la douleur. Il portaient des uniformes de l’armée. […] J’ai des traces de brûlures sur le dos de mon épaule et aussi des cicatrices sur mon dos à cause des coups de tuyaux. J’ai aussi des cicatrices sur mes jambes, mes genoux et mes coudes lorsque j’ai été trainée au sol. […] Je ne peux pas dormir à cause de ce qui m’est arrivée, j’ai des pulsions suicidaires. Je n’ai pas envie de vivre. »

 

Le Docteur Alison Callaway, médecin et témoin expert pour les tribunaux britanniques, a enquêté sur plus de 200 cas de torture présumée au Sri Lanka au cours des cinq dernières années. Elle a examinée Nandini qui comptait plus de 30 brûlures de cigarettes sur son corps, y compris sur ses parties génitales. Elle en a conclu la preuve physique et psychologique pour corroborer les histoires de viol et de torture. Alors que l’armée sri-lankaise ne recense que cinq cas signalés de violence sexuelle dans la population tamoule au nord de l’île entre 2005 et 2012, la campagne du groupe Human Rights Watch a documenté 62 cas depuis la fin de la guerre.

 

Sous le pseudonyme de Ravi, un homme raconte qu’il a été forcé de rejoindre les Tigres Tamouls durant six mois jusqu’à la fin de la guerre. Il a ensuite été détenu durant quatre ans au sein du programme officiel de réhabilitation du gouvernement : « Ils m’ont frappé, ils m’ont brûlé avec des cigarettes, j’ai été battu avec des tuyaux en plastique remplis de sable. Ils m’ont couvert la tête avec un sac imbibé d’essence. […] J’ai été torturé et enfermé dans tous les endroits de détention. Ils ont touché mes parties intimes et m’ont écrasé les testicules. Ils m’ont emmené pour des interrogatoires durant lesquels ils mettaient mes testicules dans le tiroir et claquaient ensuite le tiroir. […] Parfois, je suis tombé, inconscient. Il amenait ensuite quelqu’un et me forcer à avoir des relations sexuelles orales avec lui. Si nous perdions conscience durant la torture, parfois ils urinaient sur nous. […] Je ne peux pas précisément dire qui a fait ça. Si il y avait cinq personnes, deux étaient en civils et deux autres étaient en uniformes de l’armée sri-lankaise. » Ravi est l’un des sept hommes interviewés par la journaliste affirmant avoir été torturés pendant leurs réhabilitations. Quatre d’entre eux possèdent des documents attestant de leurs présences dans ces centres gouvernementaux ainsi que des rapports médicaux faisant acte de torture.

 

Le Docteur Franck Arnold est un expert en torture : « Ma crainte, c’est qu’il s’agit d’une activité organisée et je trouve difficile à croire, si c’est vrai, que cela se produise sans la connivence des autorités ». Il affirme que les blessures signalées ne peuvent être auto-infligées comme le suggèrent certains partisans du gouvernement : « J’ai entendu cette rumeur à plusieurs reprises. Evidémment, il serait commode pour le gouvernement sri-lankais que l’on croit à cette rumeur. »

 

Sous le pseudonyme Siva, un ancien rebelle tamoul affirme avoir subi les mêmes tortures pendant sa détention. Il possède des documents prouvant quand et où il a été détenu ainsi que des lettres de la Croix Rouge : « J’ai été obligé de m’allonger sur une table. J’ai été complètement déshabillé avec les mains attachées. Ils m’ont frappé avec une batte de cricket aux hanches. Je criais de douleur et je les suppliais de ne pas me blesser. Je leur ai dit que j’avais été assez torturé. Ils avaient des tuyaux en plastique remplis avec du fil de fer barbelé. Au début, je n’avais pas remarqué puis ils ont mis le tuyau dans mon rectum. Lorsque je criais de douleur, ils ont tiré le plastique laissant les barbelés. Puis ils ont tiré sur le fil et je ne pouvais pas supporter la douleur ».

 

Kirsty Brimelow, Président de Human Rights en Angleterre et aux Pays de Galles déclare : « Les cas que vous avez recueillis sont frappants car ils ont des caractéristiques communes. Il existe des preuves concernant les brûlures de cigarettes permettant d’optenir le respect pour continuer la torture. L’utilisation de cigarettes est maintenant considérée comme la définition de la torture, il n’y a aucune contestation là-dessus. Est-ce systématique, est-ce répandu, qu’est-ce que cela veut dire ? Cet abus correspond en tout point à un crime contre l’humanité. Dans des cas comme celui-ci, nous devrions rechercher les responsables pour les envoyés devant la Cour Pénale internationale pour des compléments d’enquête. »

 

En réponse à ces allégations, le gouvernement sri-lankais a déclaré à la BBC qu’il n’était pas juste d’attendre qu’ils répondent pleinement aux allégations contenues dans le témoignage d’anonymes qui auraient pû être payés pour discréditer le Sri Lanka ou encore torturés dans le passé par les Tigres Tamouls eux-mêmes : « Tout ce que nous pouvons dire est que les allégations d’abus systématiques sont un travestissement de la vérité car elles suggèrent que c’est la politique du gouvernement du Sri Lanka. Ce n’est certainement pas le cas ».

 

Dans un communiqué, le ministre britannique des Affaires étrangères a déclaré que le Royaume-Uni estimait que la torture en détention se produisait au Sri Lanka ainsi que d’autres violations graves des droits de l’homme : « Nous sommes très préoccupés par les rapports évoquant une culture de l’impunité pour le viol et la violence sexuelle ».

 

La BBC World News est distribué sur Canalsat (canal 110) et Numericable (canal 63).

 

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