Nos juges. Le tribunal du désamour. Documentaire sur France 2.







France 2 entame ce jeudi la diffusion de la série documentaire Nos juges. Dans le cadre de la case "Infrarouge" en seconde partie de soirée.


Une série qui est l'occasion d'approcher les juges dans leur quotidien.Cette série en trois volets a suivi le quotidien de trois juges, trois figures à la fois singulières et représentatives. Une juge aux affaires familiales, une juge d'instance et un JAP, juge d'application des peines. Ce jeudi, nous suivrons le travail d'une juge aux affaires familiales.


Les trois juges :

Après une vingtaine d’années de carrière, Isabelle Schmelck exerce au tribunal de grande instance de Créteil (Val-de-Marne) la fonction de juge aux affaires familiales, la moins prisée par les magistrats mais la mieux connue de la population, dans une société où, en ville, un couple sur deux se sépare. Elle reçoit chaque semaine une trentaine de couples : séparations, conflits pour la garde des enfants, pour l’évaluation et le paiement des pensions, etc. Dans le bureau, c’est toujours le même rituel : la femme entre et s’entretient quelques minutes avec la juge, puis cède la place à l’homme, enfin tous deux sont reçus ensemble. Et c’est bien souvent là que les choses bloquent. Dans 10 % des cas, les affaires traînent depuis des années. Souffrance, rancœur : la guerre est ouverte et le dialogue rompu. Madame la juge martèle le même credo, au besoin en haussant un peu le ton : ils sont parents pour la vie, indépendamment des aléas de leur situation conjugale, la priorité, c’est le bien des enfants. Après le débat contradictoire, la juge décide seule. Elle n’est pas une redresseuse de torts : à défaut de la meilleure, elle essaie de prendre la moins mauvaise décision, en s’imposant quelques règles : ne jamais aller au-delà de ce qui est réclamé par l’une des parties, motiver sa décision, de façon à être comprise par chacune des parties et prendre en compte l’avenir.


Changement de décor. Françoise-Léa Cramier a 28 ans et occupe son premier poste depuis sa sortie de l’école de la magistrature : juge d’application des peines. Elle partage son temps entre le tribunal de grande instance d’Auxerre, où elle étudie plus de 10 heures par jours les dossiers des 600 détenus du centre de détention de Joux-la-Ville, et son bureau à la prison, où elle reçoit les détenus chaque matin pour de courts entretiens. La juge est la garante des conditions de leur détention mais elle a surtout une très lourde tâche : décider ou non de leur libération avant la fin de leur peine. Les premiers mois, confie-t-elle, elle rêvait souvent de son travail, avec l’angoisse de l’erreur. Car la juge d’application des peines est prise dans une situation paradoxale : libérer en cours de peine, c’est diminuer de moitié le risque de récidive et favoriser la réinsertion. Mais libérer trop tôt, c’est parfois prendre un risque considérable qui pourra lui être reproché. Alors, il faut guetter un déclic, faire un pari, se méfier tout autant de l’empathie que de l’antipathie, avec pour seules armes la culture du doute, l’intime conviction, donc la subjectivité et la sensibilité personnelle.



La troisième figure de juge est sans doute la plus méconnue. Il s’agit pourtant de l’un des magistrats les plus consultés. Pierre-François Martinot, 32 ans, est juge d’instance au tribunal de Châteaubriant, dans la campagne nantaise. En charge de tous les conflits de la vie ordinaire dont le préjudice est inférieur à 10 000 euros (conflits de voisinage, endettements, loyers impayés, infractions routières…), il a un rôle de régulateur social et d’arbitre, mais aussi une position qui l’amène à pénétrer dans l’intimité des familles, puisqu’il gère aussi les dossiers de tutelles et curatelles des personnes âgées et des malades mentaux. Le juge d’instance est un peu à la justice ce qu’un urgentiste est à la médecine : c’est un "juge à tout faire" et un technicien. "On passe parfois des heures sur des litiges de 100 euros qui posent des questions de droit plus complexes que des litiges à 100 000 euros." Cela peut paraître, dit-il, une « justice de luxe », mais "chaque litige, même anodin ou ridicule, cache souvent un enjeu beaucoup plus important et un désir d’être écouté." Une certaine idée de l’institution judiciaire et de la société est sans doute à ce prix.


 


Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
leblogtvnews.com

Actu des médias par 2 passionnés, amateurs. Et tweets perso.
Voir le profil de leblogtvnews.com sur le portail Overblog

Commenter cet article
T
Dommage que ça passe à 23h00 :(
Répondre