Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Série The Good wife (le pilote, par Cole).








Critique du pilote de The good wife, nouveau drama américain diffusé sur CBS.


Cast. Produit par Ridley et Tony Scott. Avec Julianna Margulies, Chris Noth, Christine Baranski, Josh Charles (In Treatment), Matt Czuchry (Gilmore Girls) et Mary Beth Peil (Dawson)


Le Pitch. La femme d’un sénateur plongé au cœur d’un scandale de prostitution se retrouve obligée de reprendre son métier d’avocate et de faire face à l’humiliation.


Premier Avis. Je suis le plus grand fan de Julianna Margulies. Le plus drole est que je n’ai jamais vu de série avec elle mais sa simple photo fait jaillir chez moi d’inavouables fantasmes moyenâgeux. J’incarne en effet un simple paysan peinant à nourrir sa famille après une récolte désastreuse tandis que Margulies est une sorte d’inquisitrice chargée de collecter la gabelle auprés des serfs. Ne pouvant payer l’impôt, Margulies m’oblige donc à la satisfaire dans la grange voisine tout en me fouettant avec un martinet orné de petit chapelets de bois. Décidement, je n’ai plus de secrets pour vous. J’ai donc sauté sur cette occasion pour enfin suivre une série avec Margulies, que dis-je, Lady Margulies. Il faut dire que ce n’est pas la promotion inexistante de CBS qui m’y aurait incité. Y-a-t-il donc d’autres raisons de regarder The Good Wife que la présence de la reine ?


Et bien oui et non … The Good Wife met en scène la femme d’un célèbre sénateur qui se retrouve au cœur d’une tempête mediatico-judiciaire après avoir eu des relations avec des prostituées. Et autant dire que Bill Clinton peut ravaler sa tache de sperme puisque ce sont carrément des dizaines de prostituées que s’est envoyé le coquin de Chris Noth. Sa femme se retrouve donc obligée de remettre la main à la patte et de reprendre son métier d’avocate qu’elle avait delaissée pour la carrière de son porc de mari. Et c’est ça le problème de The Good Wife. Le pitch n’est qu’à moitié bon, ou du moins à moitié original. La série ne pouvait donc être qu’à moitié réussie. Voyez, c’est tout le problème de CBS. Chaque fois que CBS tente une nouvelle approche non policière avec des séries comme l’excellente Viva Laughlin ou l’excrémente Harper’s Island, mamie et papi éteignent la télévision. L’approche est désormais claire : de l’originalité, oui mais avec une touche de flicaille réglementaire. A quand How I Met Your médecin legiste ?


C’est extremement dommage car The Good Wife avait un potentiel phénoménal d’être en quelque sorte la West Wing pour ménagères sous un aspect encore jamais abordé en télévision (c’est suffisamment rare pour être souligné). J’imaginais donc au départ une série politique surfant sur le phénomène Hillary Clinton et l’ascension incroyable d’une femme humiliée devant sa nation. Et bien non, au lieu de cela, la série tourne vite au legal drama sous une sauce formula show plus aigre que douce. En revanche, et c’est là que les critiques ont malgré tout raison en encensant ce pilote, c’est que l’enquête judiciaire est inspirée et originale. Je suis personnellement très amateur de séries judiciaires mais elles ont tellement été abordées, pour certaines de façon magistrale, et sous tous les aspects et notamment sur l’aspect criminel, qu’il est aujourd’hui très difficile d’apporter une pierre à l’édifice sans point différentiateur. C’est justement là où Damages ou Boston Legal ont convaincu en abordant le judiciaire sous un aspect moins pénal et plus civil entre scandales financiers et sociétaux. Toutefois, on a tellement eu dernièrement de séries où le judiciaire n’était qu’une grossière excuse scénaristique, Eli Stone en tête, qu’on ne va pas bourder son plaisir devant une série qui soigne enfin et nous passionne devant ses procés.

 

Globalement, Margulies parviendra à faire innocenter une jeune femme du meurtre de son ex-mari en démontant une à une toutes les pièces de l’accusation au terme d’une enquête méticuleuse. C’est là où l’on peut dire que The Good Wife n’est pas un énième legal drama à l’image d’un Close to Home. Les enquêtes en elles-même sont déjà plus approfondies. Mais surtout un soin tout particulier est apporté à l’ambiance de la série qui constitue en quelque sorte le reflet du parcours psychologique du personnage de Margulies. Tantot froide, voire glaciale quand il s’agit des frasques de son mari, tantot intime dans les scènes familiales, et plutôt hésitante et tâtonneuse quand il s’agit de son métier où l’on peine à l’accepter. L’atmosphère est d’autant plus saisissante que Margulies parvient à retranscrire brillamment les déchirures et l’incertitude de son personnage. Certains passages sont vraiment très forts et sont surtout sublimés par le jeu de Margulies. Il y a notamment une scène où elle surprend un employé en train de regarder le discours public de son mari sur internet. En un regard seulement, Margulies retranscrit parfaitement et sobrement son sentiment désarçonné, on sent l’hésitation entre partir en pleurant, lui mettre une gifle ou tout simplement l’ignorer.


En dépit qu’elles soient plutôt complexes, le potentiel de The Good Wife n’est donc pas à chercher du coté des enquêtes judiciaires qui ne présentent guère d’aspects addictifs. Ni même de la relation de Margulies avec son mari somme toute assez convenue d’autant plus que Chris Noth semble s’etre retrouvé là un peu par hasard. Non, le potentiel de la série est à chercher du coté du travail de Margulies et des affrontements juteux qui se trament. Elle doit en effet creuser son trou, assoir sa crédibilité et faire face aux attaques vis-à-vis de son mari qui s’était mis à dos bon nombres de juges et de magistrats. Le procés est en cela excellement bien mené avec un juge détestant son mari et l’iterrompant toutes les deux secondes. Mais surtout de magistraux face à face s’annoncent avec l’impériale Christine Baranski qui incarne d’une main de fer la présidente du cabinet ainsi qu’avec un autre procureur qui l’a prise en grippe. L’évolution du personnage s’opère ainsi de manière ultra reservée. On sent clairement que la série s’oriente vers la montée en puissance d’une femme bafouée qui ne cesse d’encaisser les coups jusqu’au moment où elle explosera. J’avais crainte que la série verse dans le racolage compte tenu du sujet mais bien au contraire, la série est tout sauf démonstrative. Autant dire que sous ses aspects de séries banalo-judiciaires, The Good Wife est une série 5 étoiles qui ruiselle de potentiel grâce à son impressionant casting et ses personnages au charisme ravageur.


En deux mots. The Good Wife n’est pas la série politique révolutionnaire que l’on pouvait imaginer. Mais plus qu’un pretexte à nous servir une énième soupe judiciaire indigeste, la série utilise savamment son pitch pour saupoudrer son scénario d’affrontements et coup bas prometteurs. Certes, The Good Wife est un formula show et se fera donc sans moi. Malgré tout, la série est brillament écrite, mis en scène et surtout interpretée par un casting magistral, Julianna Margulies en tête.


Note. 7,5/10


COLE.


Précédents billets : http://www.leblogtvnews.com/categorie-11131363.html


Prochain mercredi.


Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
leblogtvnews.com

Actu des médias par 2 passionnés, amateurs. Et tweets perso.
Voir le profil de leblogtvnews.com sur le portail Overblog

Commenter cet article
J
<br /> Ca fait plaisir de voir que quelqu'un aime le show au point de vouloir en faire l'une des nouvelles meilleures séries du moment. Je suis fier de le sous-titrer, personnellement.<br /> <br /> <br />
Répondre
I
<br /> <br /> Bravo ton article est superbe et que ton blog est beau...<br /> bon wek end a tous<br /> <br /> LORENT<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre