21 Septembre 2007
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France 3 diffuse ce vendredi soir un documentaire inédit, "Quand l'adolescence fait mal". Un film réalisé au sein de la Maison de
Solenn qui accueille des adolescents en souffrance.
Depuis décembre 2004, la Maison de Solenn accueille des adolescents en souffrance. A la fois centre d’information, de consultation, d’hospitalisation et de recherches, cette Maison est
entièrement dédiée aux problèmes des adolescents.
C'est un lieu différent qui n’a rien à voir avec les hôpitaux classiques. Le hall est très ouvert. Au premier étage, on retrouve l’unité de recherche sur les pathologies spécifiques aux
adolescents et toutes les associations. Le second étage est le lieu d’hospitalisation où se croisent une vingtaine de jeunes en traitement. Pour se reconstruire, on leur propose aussi un grand
nombre d’activités artistiques et physiques qui leur permettent de reprendre confiance en eux. Ce sont les «soins culturels » dispensés au troisième étage. C’est toute l’originalité de cette
structure qui permet aux jeunes de s’intéresser et de s’investir dans des activités qui leur plaisent. Ils reprennent ainsi contact avec les autres, retrouvent de l’intérêt pour ce qu’ils font,
pour ce qu’ils sont.
Ce film suit pendant plusieurs mois le quotidien de la Maison des ados, en s’attachant à l’histoire personnelle de quatre adolescentes. Au travers de leur parcours singuliers, ce
documentaire montre le travail d’une équipe soignante dévouée qui tente de les mener vers la guérison.
Stephane Krausz a réalisé le documentaire. C’est Serge Moati qui luia proposé ce sujet, via sa société de production. Il savait que Stephane Krausz déjà travaillé avec le professeur
Rufo et souhaitait faire un film sur la Maison de Solenn.
"Le centre est récent et personne n’y avait encore promené sa caméra. Il y a eu un gros travail de préparation sur ce tournage. Il fallait mettre tout le monde en
confiance et expliquer le sens de ma démarche. Il ne faut pas agir brutalement lorsque l’on entre dans ce genre d’endroit. Le choix des quatre jeunes filles suivies s’est fait avec
l’équipe médicale. J’ai assisté à certains entretiens d’évaluation, puis nous avons fait une sélection avec les médecins. Il n’y a qu’une vingtaine de lits disponibles dans
l’établissement, beaucoup de jeunes doivent attendre longtemps avant d’y entrer. Il y a plus de mille consultations extérieures par an durant lesquelles sont déterminés les cas les plus extrêmes,
ceux qui nécessitent une hospitalisation. Une fois les personnages sélectionnés, la suite nous échappe un peu. On ne sait pas sur quelle histoire on va aboutir, c’est uniquement du ressort de nos
témoins. C’est ce qui est passionnant. "
"Ensuite, il faut évidemment que les adolescentes soient volontaires pour le film et qu’elles acceptent la présence de la caméra. Ce qui est étonnant, c’est qu’à chaque fois que j’ai tourné dans
le milieu médical, j’ai rencontré bien plus de difficultés auprès du personnel que des patients. Ces derniers sont souvent intéressés par la caméra, qu’ils envisagent comme une thérapie
supplémentaire. En revanche, les médecins ont plus de mal à accepter une telle intrusion dans leur travail. Surtout les psychologues, qui peuvent avoir la sensation que l’objectif prend leur
place. Il a fallu me fondre dans le décor et même dans la thérapie, que je rende compte de mes entrevues avec les adolescentes, que tout soit fait en coordination avec les médecins. Mon travail
ne devait pas perturber le leur. Le film est bien moins important que la guérison."
"Je suis à la fois réalisateur et opérateur. Ça allège l’équipe technique sur place et cela me rend plus discret. Lorsque je filme, je respecte toujours une certaine distance entre moi et mes
sujets. Je ne suis pas collé à eux, je ne suis pas intrusif. J’essaie d’intervenir le moins possible. Pas besoin d’interroger, puisque les thérapeutes s’en chargent. Les entretiens sont
finalement assez proches d’un travail de journaliste. Parfois, j’oriente la conversation, mais ça s’arrête là. Je ne pose pas vraiment de question, c’est inutile. La parole est déjà là, libre et
nécessaire. Elle fait partie intégrante du soin. Je n’ai qu’à écouter. Encore une fois, ce sont souvent les médecins qui ont des réticences face à la caméra. Ils interrogeaient leur patient : «
La caméra ne vous dérange pas ? » Et la réponse était souvent : « Non, mais vous, ça a l’air de vous déranger ! » C’était étonnant. "
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