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Séries, ton classement impitoyable ! 14 - Friday night lights 2.












Place 14, FRIDAY NIGHT LIGHTS SAISON 2.




Places 30 à 15 :
http://www.leblogtvnews.com/categorie-10250632.html





Diffusion
sur NBC le vendredi à 21h (Moyenne saison 2 : 5,61 millions de téléspectateurs, - 10 %). Renouvelé pour une saison 3.

 




Produit et écrit par:
Peter Berg et  Buzz Bissinger.

 




Avec :
Kyle Chandler, Connie Britton, Gaius Charles, Zach Gilford, Minka Kelly, Aimee Teegarden, Taylor Kitsch et Adrianne Palicki.

 




Vous avez sans aucun doute déjà entendu parler de Friday Night Lights, et ce même si vous n’avez jamais vu la série. Acclamé par la critique et soutenu par un fort noyau de fans, Friday Night Lights nous a émerveillé avec une saison 1 en tout point parfaite, mêlant habilement réalisme et émotion. C’est bien simple, si ce classement avait existé la saison dernière, Friday Night Lights aurait incontestablement obtenu la palme. Et il faut bien reconnaitre qu’après un tel coup d’essai, il est souvent difficile de renouveler l’exploit. Friday Night Lights n’échappe point à la règle.

 




Rendons tout de même à César ce qui appartient à César, la saison 2 de Friday Night Lights reste d’un très bon niveau. Mais force est de constater que l’on ne retrouve pas exactement l’ambiance simple et réaliste de la saison 1, les épisodes ne nous submergent plus autant d’émotion, cette sensation unique de regarder un documentaire, de regarder des gens, comme vous et moi, et non des acteurs est moins présente. Le choc se produit d’ailleurs dès la première scène du premier épisode. La saison démarre en effet sur une scène de piscine, avec tout le casting de la série à moitié nu sous un soleil de plomb. Autant dire, une atmosphère à 300 lieues du ton habituel du show. C’est bien simple, l’espace de quelques secondes, je me suis demandé si je ne m’étais pas trompé de série avec les Frères Scott !

 




Fort heureusement, ce cap passé, nous revenons assez vite dans des scénarios de qualité auquel la série nous a habituées. Mais, en cette saison 2, certaines intrigues pataugent. Je pense évidemment au meurtre de l’agresseur de Tyra par Landry. Sur le moment, la scène est justifiable car Landry veut secourir celle qui l’aime et lui éviter à tout prix le risque d’une nouvelle agression. Mais là où le bât blesse, c’est que les scénaristes ont décidé à la dernière minute de retourner la scène pour enlever toute notion de légitime défense qu’il pouvait y avoir. Effectivement, Landry attaque l’agresseur alors qu’il est de dos. Mais ce n’est pas tout puisque, par la suite, Landry et Tyra vont balancer le corps dans la rivière. Franchement, on se serait cru dans ‘Souviens toi, l’été dernier’. J’ai vu le moment où le type allait remonter à la surface pour décimer le reste du cast jusqu’à la traditionnelle confrontation avec l’assassin dans le season finale. Remarquez, s’il avait pu au moins éliminer Lyla, tout n’aurait pas été perdu. Mais nous y reviendrons plus tard.

 




Pour revenir à cette fameuse intrigue, qui dure une bonne dizaine d’épisodes tout de même, on imagine le traumatisme qu’il doit résulter après avoir commis un meurtre mais on a finalement l’impression que Friday Night Lights prend ici le chemin du sensationnalisme, de l’intrigue facile à émotions frelatées. Le genre d’intrigues purement soapesques comme les tremblements de terre, le dédoublement de personnalité et bien d’autres avec lesquelles les scénaristes sont sur de détenir un puits à rebondissements et à cliffanghers afin de redynamiser le show. Franchement, Friday Night Lights nous a habitués à mieux, à creuser les personnages pour venir chercher l’émotion plutôt que de venir la cueillir comme une vulgaire pomme d’Eve. Et preuve est que cette intrigue a été totalement inutile, c'est qu’elle ne débouche sur aucune évolution de Tyra et Landry qui redeviennent comme avant, sans la moindre séquelle, après la fin de l’intrigue.

 




Cette sensation de facilité, voire de meublage, totalement absente dans la saison 1, est assez marquée dans la saison 2. L’intrigue de l’ex-taulard recueilli par Buddy Garrity a certes le mérite d’etre attendrissante et de montrer un père qui a tout raté avec ses propres enfants et qui tente maladroitement de saisir une deuxième chance. Mais avouons le, cette histoire n’a franchement pas passionné les foules. Mais c’est surtout le double transfert du coach Taylor qui m’a particulièrement gêné dans cette saison. Cette intrigue constituait l’énorme défi de la saison puisqu’elle remettait en cause le modèle tout entier du show mais malheureusement elle a été totalement ratée de tout point de vue. Le nouveau coach des Panthers est horripilant et transparent, résultat on ne voit plus les Panthers et en prime quasiment plus aucune scène de match. Et de l’autre coté, le coach Taylor ne sert strictement à rien à TMU. Les scénaristes ont donc préféré saborder leur défi au lieu de tenter de le relever. Résultat des courses : ils jettent l’éponge au bout de 5 épisodes en faisant revenir le coach à Dillon. Mea culpa.

 




Mais cette intrigue aura tout de même donné lieu à un vrai traitement des personnages à la Friday Night Lights comme on les aime : celui de Tami Taylor, la femme du coach. Après avoir quitté une femme heureuse et épanouie en saison 1, on retrouve une mère terriblement seule et désemparée face à sa nouvelle maternité. Les premiers épisodes dressent à la perfection le portrait d’une mère qui, en dépit de l’amour qu’elle porte à sa deuxième fille, n’a plus la force de l’élever à elle-seule. Sa descente aux enfers est palpable, écrite avec une minutie incroyable si bien que l’on finit par vivre son désarroi avec elle. Le point d’orgue de cette intrigue est atteint lors d’une scène d’une force incroyable, qui paraitrait presque anodine pour un non-aficionado de la série, où Tami invente le fait qu’elle ait rêvé de Jason rien que pour pouvoir lui parler et se sentir moins seule l’espace de quelques secondes. Cette scène, pourtant très simple, a pour moi été l’une des plus poignantes de la saison. C’est cela que j’appelle l’émotion à la Friday Night Lights.

 




L’intrigue de Matt Saracen a également été l’une des plus réussies cette saison avec une évolution du personnage tout bonnement parfaite. Abandonné par le coach Taylor en fin de saison 1, par Julie et par son père en début de saison 2 et par son nouvel amour en fin de saison 2, on sent le personnage se renfermer sur lui-même et perdre petit à petit confiance en lui, au fil des événements qui le marquent. Il finit même par trainer avec Tim Riggins dans les bars à strip-tease ! S’en suit alors une scène tout simplement magnifique où le coach Taylor tente de résonner Matt en lui faisant prendre une douche froide et ce dernier lui balance son mal-être à la figure, dont le coach est en parti responsable. Le vrai genre de scène qui vous met une boule au ventre !






 




Vous l’avez compris, en dépit de quelques points noirs, cette saison reste excellente. Mais il y a tout de même un élément qui me gène dans Friday Night Lights, c’est son prétendu réalisme. Je m’explique. Tout d’abord, je ne dénigre pas le fait que la série cultive une impression de réalisme réussie, c’est d’ailleurs ce point qui la rend si exceptionnelle. Mais est-elle si réaliste que cela ? Avez-vous déjà vécu au Texas pour l’affirmer ? Car j’ai parfois l’impression que le show en fait trop. Cela concerne de minuscules détails mais à la longue, cela devient agaçant. Il y a par exemple une scène anodine, où l’un des coachs adjoints essaye de parler sexe avec le coach Taylor. Et ce dernier se la joue Sainte Nitouche en étant offusqué et voulant éviter le sujet à tout prix. D’autant que ce n’était pas non plus la conversation graveleuse du café du commerce du genre ‘Alors, tu l’as sauté la grosse Gertrude ?’. Non, ça restait soft ! Ne me dites pas que, même dans le Texas, on ne parle pas un peu de cul entre gars, et même entre filles ! Come on !

 




Si cette scène reste très anecdotique, l’intrigue de saison de Lyla Garrity, elle, ne l’est pas ! En effet, perdue après sa rupture d’avec Jason, Lyla se plonge dans la religion et devient catholique (très) pratiquante. On a d’abord cru à une passade après son road trip réussit au Mexique avec Tim et Jason. Malheureusement, cette dernière récidive et devient même animatrice d’une émission de jeunes cathos où elle dit pendant deux heures qu’il ne faut pas coucher avant le mariage. C’est un peu comme si Sue Ellen de Dallas animait une émission sur les méfaits de l’alcool. Sans compter qu’elle sort avec un Ned Flanders en herbe alors qu’elle meurt d’envie de retomber dans les bras de Tim. Je ne suis pas contre l’aspect religieux dans Friday Night Lights qui contribue justement à cet aspect réaliste, les voir aller à la messe le dimanche, voire dire quelques prières mais là, trop c’est trop ! L’idée de faire refugier Lyla dans la religion après tous ses malheurs, et montrer de ce fait la vulnérabilité de certaines personnes qui trouvent en Dieu un nouvel espoir, n’est pas mauvaise mais à la fin, ça devient carrément indigeste.

 




Les scénaristes ont d’ailleurs du trouver cette idée de Dieu excellente puisqu’elle fait tache d’huile avec Jason. Mais cette fois-ci, l’aspect religieux intervient plus en douceur et s’avère donc bien plus réussi. Jason met en effet accidentellement une fille enceinte alors que sa paralysie l’avait rendu quasiment stérile. Il y voit évidemment un acte de Dieu et souhaite garder le bébé. Mais sa détresse est ici réelle et on sent le pétillement dans ses yeux, rien qu’à l’idée d’avoir cette chance inattendue d’être père. Une intrigue plus bien émouvante que celle de l’autre idiote de Lyla. Jason est un personnage assez sous-exploité par les scénaristes mais au potentiel intéressant.

 




Enfin, pour finir cette longue chronique (mais était-il possible de faire plus court sur Friday Night Lights ?), je reviendrais évidemment sur le personnage de Smash, la star définitive de la saison 2. L’évolution du personnage y est ici absolument brillante. On retrouve en début de saison 2 le Smash que l’on connait, la superstar de la ville, qui fait son petit marché parmi toutes les universités potentielles. La série nous montre d’ailleurs un système américain hallucinant où l’on n’hésite pas à offrir une voiture au candidat (si vous êtes un joueur de foot américain très réputé évidemment), pour le faire venir dans l’université. Mais un événement viendra bousculer sa gloire en le balayant de son piédestal. Alors qu’il est au cinéma avec sa sœur, un groupes de blancs commencent à proférer des insanités à cette dernière et Smash finit par leur coller un coup de poing, bien mérité disons-le. Sauf que dans l’Amérique profonde, le blanc a encore raison et le noir reste toujours le méchant.

 




Cette intrigue, à mon sens la plus réussie de la saison, sonne comme une véritable dénonciatiation d’un racisme honteux, persistant et hypocrite. Smash se retrouve viré de son université et suspendu des Panthers. L’épisode 12 nous montre une scène déchirante où Smash retrouve ses coéquipiers dans le vestiaire pour les encourager et, alors que ces derniers vont envahir le stade, Smash reste seul, dans les vestiaires, la rage dans le cœur et les yeux criblés de larmes. Une scène véritablement majestueuse et déchirante comme seul Friday Night Lights sait nous offrir. Smash, en position de faible, se retrouve donc contrait d’accepter une place dans une université bien moins cotée que celle initiale, mais qui lui donnera sa chance. Réussira-t-il à mettre de coté sa rancœur ? On risque de ne jamais le savoir puisque Smash et Jason seront écartés de la saison 3, faute de budget. Pour les deux personnages au potentiel certainement le plus fort, cela risque-t-il de sonner le glas de la série ?

 




Meilleur épisode : 2.08 – Seeing Other People

 

Pire épisode : 2.06 – How Did I Get There

 




Les points forts :
Le ton si juste et si réaliste de la série, jusque dans le moindre dialogue, la propulse au panthéon des séries les plus brillantes de ces dernières années. Friday Night Lights a une manière unique de creuser ses personnages, d’aller rechercher l’émotion au plus profond d’eux-mêmes. Certaines intrigues de cette saison ont été proprement bouleversantes.

 




Les points faibles :
L’atmosphère de la saison 1 s’est un peu dissipée et on se retrouve en présence de quelques intrigues superficielles et mal maitrisées. On sent que les scénaristes ont voulu faire quelques storylines chocs afin de ramener un peu plus de public, malheureusement cela s’est soldé par un véritable échec scénaristique et paradoxalement un échec d’audience.

 




Conclusion :
Une saison avec beaucoup de hauts mais aussi quelques bas. On sent que la série a cherché à diversifier ses intrigues afin d’augmenter son audience. Mais c’est finalement dans les émotions les plus simples et les plus dramatiques que la série excelle. Espérons que la troisième saison sera à la hauteur de ces deux premières saisons magnifiques.




COLE.




RUBRIQUE AVEC LA PARTICIPATION DE :


Cole (
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L
La grève a porté un gros coup dans cette série où tous les persos ont du potentiel,Le trappage des 5-6 épisodes a rendu la fin un peu caduque d'ailleurs (sachant qu'en plus la série a failli passer à la trappe)
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N
A ne surtout pas voir en VF !
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T
ça paraissait difficile d'égaler la saison 1, excellente oui, et passée TOTALEMENT inaperçue en France."une scène tout simplement magnifique où le coach Taylor tente de résonner Matt en lui faisant prendre une douche froide et ce dernier lui balance son mal-être à la figure, dont le coach est en parti responsable "+ 1 !!!
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F
Alors voilà Cole, je voulais être fâché contre toi de mettre une telle série à une telle place tout en disant qu'elle est excellente... mais le coup de la grosse Gertrude... Génial !C'est un problème récurrent chez les séries qui ont une saison 1 aussi magistrale que FNL. D'autant qu'elle se suffisait à elle même.La grève nous a quand même offert 15 épisodes, mais sans véritable conclusion de saison, c'est dommage. D'autant plus, que l'intrigue de Lyla par exemple, aurait pu être plus exposé (pourquoi pas dans la lignée du documentaire Jesus Camp)Une saison 2 plus faible que la une, c'est certain, mais qui survole de loin une grande majorité des autres séries.La série peut se permettre de nous faire des épisodes plus faible mais qui avec une scène, une seule scène, nous bouleverse.
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K
Très bien écrit, comme d'hab. Même en ne suivant pas certaines de ces séries, j'aime beaucoup te lire, notamment pour le "mode ironie" et les références. Bravo, joli travail.
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P
Fallait en vouloir pour suivre la saison 1 sur NRJ 12 (déprogrammation). Je ne sais même pas si toute la saison 1 a été diffusé d'ailleurs.
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