Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

Publié par COLE. Publié le 24/08/2010.

 

309291__preview-1-.JPG 

Séries… Ton classement impitoyable ! Place 12 - PIGALLE LA NUIT – Saison 1.

 

Diffusion en France le lundi soir à 20h45 sur Canal+ (Moyenne saison 1 : 980.000 téléspectateurs). Renouvelé pour une saison 2.

Créé par Hervé Hadmar et Marc Herpoux (Les oubliées).

Avec Jalil Lespert (Thomas), Simon Abkarian (Nadir), Armelle Deutsch (Emma), Catherine Mouchet (Alice), Sarah Martins (Fleur) et Eric Ruf (Dimitri)

 

Indice Spoiler : 1/5

 

309285__preview-1-.JPG

 

Je vous l’annonce : j’ai enfin perdu ma virginité. Je ne vous cacherais pas que ce n’était pas gagné d’avance et que cela ne s’est pas déroulé sans douleur. Il faut bien dire que ce n’était pas la première fois que je me tentais à l’exercice mais jusqu’ici, je n’avais trouvé suffisamment d’amour, de fougue et de complicité avec mes partenaires pour mener l’acte à l’orgasme. Pourtant, ce n’était pas faute d’être ouvert ! J’avais ainsi lorgné tout autant du côté des femmes avec une certaine Julie et autre Clara mais également du côté des hommes avec un nommé David N. Frigides pour les unes, précoce pour l’autre, non je n’avais jamais trouvé mon bonheur. J’avais même carrément tenté la partouze familiale avec une tribu bien connue de « Bougons » qui sont désormais persona non grata chez M6 depuis que Tom Hanks et sa ligne verte leur a flanqué une bonne rouste. Non pas qu’ils n’aient pas aimé ça, je m’entends bien.

 

Mais voilà, mes amis, c’est non sans émotion que je vous annonce que je suis enfin dépucelé de la fiction française ! Pigalle la nuit apparaitrait presque comme un programme de sauvetage de la fiction française, en réunissant la plupart des éléments indispensables à une bonne série qui manquaient jusqu’ici à notre bonne vieille fiction. Et je parle même en ayant vu quelques épisodes de la série « Reporters », trop fade à mon gout et de « Braquo », série la plus surestimée de Canal + tant elle n’est qu’une énième soupe réchauffée du seul scénario de base qu’est capable d’écrire Olivier Marchal.

 

Pour commencer, Pigalle la nuit est une série originale, dotée d’un bon scénario et d’intrigues inspirées et surtout très prenantes. La série possède principalement deux axes parallèles. Le premier met en scène un homme qui recherche désespérément sa sœur, figure coquine de Pigalle, qui disparait mystérieusement. Cette partie de la série est la plus décevante car la plus commune et inhérente à ce que la télévision française nous offre sempiternellement. Il y a des rebondissements à outrance, c’est très rythmé, le déroulé du récit est cohérent et on voit que tout est très maitrisé. En somme, nous avons droit à un petit thriller de bonne facture, c’est indéniable. Mais on sent parfois que cette intrigue « simple et efficace » est là presque contre la volonté des auteurs.

 

J’ai eu le sentiment que la série a parfois été en quelque sorte pris au piège dans le prisme de la fiction française et a été obligée d’insérer cette dose de polar franco-français afin de s’assurer un financement et l’aval de Canal +. Je me trompe peut-être totalement mais la conclusion de la saison, sortie de derrière les fagots et parfaitement ridicule, semble aller dans ce sens.

 

Et pour cause, l’autre aspect de Pigalle est tout simplement brillant. On suit en effet une véritable guerre des chefs, voire carrément guerre des « gangs » afin de prendre le contrôle de l’industrie du sexe. Un véritable Dallas à Pigalle. Cette dernière met en scène un baron du sexe, un vieux loup du quartier qui a la main mise sur Pigalle depuis des années, magistralement interprété par Simon Abkarian (que l’on a pu voir dans MI-5) face à un magnat russe légèrement psychopathe interprété par Eric Ruf (Les rois maudits).

 

309309__preview-2-.JPG

 

Le récit est complexe, ténébreux et surtout, et c’est là que Pigalle la nuit tient sa vraie réussite : ambitieux. Au-delà de toutes qualités intrinsèques, c’est clairement le point différentiateur de la série d’Hervé Hadmar et Marc Herpoux. D’où certainement le côté thriller ajouté un peu superficiel pour rendre le produit plus « grand public ». Si certaines autres fictions françaises sont de bonne qualité comme ce fut le cas avec Les Bleus sur M6 ou plus récemment Clem sur TF1, toutes ont le point commun de manquer d’ambition. J’entends par là que le pitch de départ n’est guère risqué et qu’elles ont la particularité d’être facilement compréhensible par tous, qu’elles ne nécessitent pas de véritable investissement du téléspectateur.

 

Or, c’est le cas de Pigalle, la nuit. Voilà une série très exigeante, qui n’hésite pas à semer le téléspectateur sur plusieurs pistes, à nous plonger dans un univers presque défendu d’accès, à nous embarquer dans un voyage ésotérique, nous mettant presque parfois mal à l’aise. Car la vraie star de la série est finalement Pigalle, le quartier en lui-même. Pour y aller régulièrement (pas pour ce que vous imaginez, bande de petits coquins), le réalisme de sa représentation est saisissant. Pigalle la nuit va jusqu’à investir et mettre en scène les lieux emblématique du coin, du cultissime Sexodrome jusqu’au McDonald’s situé en face de l’arrêt de métro Pigalle.

 

La conséquence est qu’à certains moments, on a plus l’impression d’assister à une série mais d’être nous-même en immersion totale dans le quartier. Quand je me promène désormais dans Pigalle, j’ai réellement l’impression de croiser le véritable Nadir, le véritable Dimitri et je me mets à imaginer les machinations qui se déroulent, sans que l’on n’imagine, devant nos yeux. La série modifie totalement notre perception de la réalité, accentuée par son ambiance indescriptible, nocturne, secrète, enivrante, à la fois glauque et classieuse, chaude et glaciale, presque impitoyable. Et quand une série parvient à ce résultat, on est clairement en présence de quelque chose.

 

L’autre point fort de Pigalle la nuit, c’est ses personnages. Le casting est excellent, des « gueules » peu vues en télévision. Ils sont à la fois confrontés à leurs peurs, à leurs envies, leurs obsessions, leurs excès, tout en portant un regard désabusé, presque fataliste sur ce quartier qu’ils aiment et qui les détruit à la fois. Et surtout, les personnages sont véritables complexes, travaillés, bien loin du manichéisme ambiant de la fiction française. Rien n’est blanc, rien n’est noir.

 

C’est principalement le cas avec le personnage de Nadir, clairement le plus intéressant du show, qui oscille constamment entre good et bad guy, qu’on déteste dans un épisode et qu’on admire dans l’autre. L’homme a certainement quelques cadavres dans le placard et a probablement procédé à quelques agissements douteux pour occuper sa place de parrain de Pigalle. Mais il est surtout un homme de principes, à la fois indestructible et teinté de failles, pour qui ses employés sont une famille et qui voue un culte à son quartier. Son histoire d’amour teintée de haine avec l’excellent personnage d’Alice est écrite avec une finesse exquise. Tout d’abord ennemis, celle-ci refuse de vendre sa boutique abandonnée pour qu’il puisse monter une nouvelle antre du sexe, ils finissent par s’attacher, le tout dans une crainte et une méfiance magnifiquement interprétée. Ce sont peut-être les passages que j’ai préféré dans la série. En effet, de mémoire de seriephile, rarement j’ai pu voir une histoire d’ « amour » aussi énigmatique, aussi déroutante et à la fois aussi belle. Jusqu’au dernier moment, et même en ayant vu la conclusion de la série, je ne saurais dire quelles étaient vraiment les attentes, le but et les vérités de l’un et de l’autre.

 

C’est sûrement là que l’on voit surtout le talent des équipes scénaristiques de Pigalle, la nuit. On suit finalement un brin de vie de quartier, certes plus mouvementé qu’à l’accoutumé mais l’histoire des personnages ne s’arrêtent pas à la fin de la série, c’est au contraire le premier jour du reste de leur vie. Il n’y a ni gagnant, ni perdant, ni gentil, ni méchant, surtout avec le personnage déchiré d’Alice. Pour autant, je ne suis pas convaincu par l’idée de faire une suite, surtout si celle-ci arrive en 2012. Ça aurait justement été encore plus culotté de s’arrêter là. En espérant que cette suite ne vienne pas écorcher cette très belle œuvre.

 

309255__preview-2-.JPG

 

Conclusion : Pigalle la nuit marque un nouveau pas dans la lente évolution de la fiction française. On ne parle même plus de « liberté de ton », cette dernière s’étant largement démocratisée ces dernières années mais de « liberté de créativité ». Hervé Hadmar et Marc Herpoux ont amené leur bébé dans des contrées mystiques, offrant un récit d’une richesse et d’une complexité époustouflante, nécessitant un véritable investissement du téléspectateur et porté par un casting de luxe. Pigalle la nuit est enfin parvenue à allier qualité et liberté de ton à originalité, un mot qui manquait cruellement au paysage audiovisuel français. Légitimité par un joli succès d’audience, on peut désormais espérer que cette fiction soit une véritable pionnière en la matière.

 

COLE. Twitter : http://twitter.com/Cole4616

(Crédit photos © TIBO & ANOUCHKA / LINCOLN TV / C+ / DR. )

 

Rappel : Les chroniques sont avancées au début de matinée pour la parution.  

 

Prochaines chroniques mercredi à vendredi matin. Précédentes chroniques : http://www.leblogtvnews.com/categorie-11513584.html .

 

Participations cette saison, pour épauler Cole, de :

Tao (Critik en Séries)

Lulla (Des News en Séries)

Alain Carrazé (8 Art City)

Pierre Langlais (Tête de séries)

Pierre Serisier (Le Monde des Séries)

Btv27 (Series Live)

Dylanesque (Dylanesque TV)

Et Boodream.

Related Posts with Thumbnails

 

Commenter cet article

Lulla 24/08/2010 14:50



On ne peut pas contenter tout le monde, surtout.


Mais les séries de la CW avaient tout autant leur place que les autres, et en l'occurence dans la deuxième moitié du classement.



Boby 24/08/2010 14:26



Certes, mais du ménage pouvait être fait en enlevant toutes les séries de la CW ou encore "The Prisoner" qui n'est pas vraiment une série mais une mini-série, car elle ne comprte que 6 épisodes
je crois. Mais bon, on ne peut pas plaire à tout le monde.



Lulla 24/08/2010 13:23



40 places...



Boby 24/08/2010 13:16



@lulla : je sais bien, mais c'est pas pour autant qu'elle figurait dans le classement de l'année dernière ^^. Pis de toute façon, il manquera aussi  "Survivors".



Fabulous 24/08/2010 12:31



Je suis impréssionné de voir enfin une série française !! Mais c'est pas gagné, d'autres séries vont vouloir la copié et vca sera de nouveau de la vrai daube !


Sinon, je me pose 2-3 p'tite questions, vous les rédigez quand vos billet ? Et en combien de temps ?


Et sinon, tu parlais de ne pas inclure Community ou d'autres séries car tu ne les avais pas encore vu. J'ai vu que community avais pas mal de succès sur les fans de ce site, alors ca serait pas
mal d'avoir quelques critique hors classement.


Je suis ces billets pour les critiques et non pour le classement car je regarde à peine 6 ou 7 séries qui y apparaissent. Donc si d'autres séries hors classement peuvent être critiquer, c'est que
du bonus. Et c'est toujours mieux que des billets sur secret story ! ^^



Lulla 24/08/2010 12:23



Vu que la saison 2 de "Fais pas ci fais pas à ça" remonte à début 2009...



Boby 24/08/2010 11:26



Ah, les fictions frnaçaises sont dans le classement ? Je suppose alors que "Fais Pas Ci Fais Pas Ca" doit rôder quelque part dans le TOP 10 aux côtés de "Modern Family"... Il va bientôt falloir
appeller le plombier !



Lulla 24/08/2010 10:40



Content de la voir ne serait-ce que classer. Et à une belle place en plus ! J'ai beaucoup aimé cette série et c'est comme toi la première série française qui me fait cet effet. Passionnante de
bout en bout, extrêmement bien interprétée... et absolument pas copier sur ce qu'on pu faire nos voisins anglais et américains.


Par contre, au sujet du fil rouge, je ne pense vraiment pas que ce soit quelque chose d'ajouté pour satisfaire la chaîne. Ca rend certainement la chose plus grand public et ce n'est pas forcément
ce que j'ai préféré non plus mais c'est absolument essentiel : la plongée de Pigalle n'aurait pas pu se faire sans l'arrivée de ce frère qui cherche sa soeur. Il s'enfonce dans les méandres du
quartier. C'est le coup classique de l'oeil innocent qui représente un peu celui du téléspectateur. Ca aurait pu se faire sans la disparition de sa soeur mais c'est plus consistant ainsi !



Olivier F. 24/08/2010 09:17



Agréable surprise de la voir classée, et super billet :)) (mais Mafiosa ne démérite pas non plus !)



Melban 24/08/2010 09:13



Pas trop d'accord avec ce classement... J'ai suivi Pigalle lors de sa diffusion sur canal et j'avoue qu'au fur et à mesure des épisodes, mon intérêt est retombé comme un soufflé... Tout ce pitch
sur "Mais où est Emma ??", ces meurtres, le psychpathe qui façonne ses femmes comme elle....pour finir quand le dénouement arrive on se dit "ah ouais ? Tout ça pour ça ?"


Bref casting impeccable mais la fiction française a encore du boulot devant elle ...



YsO 24/08/2010 09:02



J'espère retrouver très haut dans le classement ceci : http://www.leblogtvnews.com/article-la-serie-treme-des-le-25-septembre-sur-orange-cine-series-55858467.html



Fab. 24/08/2010 09:00



Enorme l'introduction (ouh, sic !) pour présenter cette 1ere, une série française dans le classement


Abkarian montre une fois encore son immense talent, dommage qu'on ne lui confie pas plus que ça de grands rôles au ciné.



Baobab 24/08/2010 08:44



Bien d'accord sur le côté surestimé de Braquo !


ça fait plaisir de voir une série française dans ce haut du classement. Enfin ! ;)