5 Juillet 2010
Séries… Ton classement impitoyable ! saison 2009/2010.
Place 40 : Gossip Girl – Saison 3.
Classement 2008 / 2009 : 31ème (- 9 places).
Diffusion aux Etats-Unis sur la CW le lundi soir à 20h00 aux Etats-Unis (Moyenne de la saison 3 : 2 millions de téléspectateurs, -29% par rapport à la saison 2).
Diffusion en France le samedi après-midi à 16h15 sur TF1. Renouvelé pour une saison 4.
Créé par Josh Schwartz (Newport Beach).
Avec Blake Lively (Serena), Leighton Meester (Blair), Penn Badgley (Dan), Chace Crawford (Nate), Taylor Momsen (Jenny), Ed Westwick (Chuck), Kelly Rutherford (Lily) et Matthew Settle (Rufus).
Indice Spoiler : 1/5
Certains diront qu’il est très facile de tirer sur une ambulance… Oui mais voilà, nous chroniqueurs, adorons ça. Et encore plus quand cette dernière est remplie de petites truies futiles, pour rendre hommage à l’expression popularisée par Alec Baldwin. N’y allons pas par quatre chemins : la saison 3 de Gossip Girl est un désastre total. Plus qu’une débâcle, c’est un désaveu. Les fans de la première heure eux-mêmes, ce que je ne suis pas croyez-moi, abdiquent.
Gossip Girl n’a jamais été une bonne série, on en conviendra. Mais à défaut de révolutionner le teen soap, les premières saisons avaient le mérite de respecter honorablement le cahier des charges de la petite série coconne que l’on regardait avec faux dédain pour faire plaisir à sa petite amie qui croit encore que Miley Cyrus n’est pas une adepte de la sodomie.
Entre une foulée d’intrigues poussives et de twists mielleux, Gossip Girl savait sporadiquement manier les grosses ficelles du soap pour en tirer des histoires, certes over-the-top mais suffisamment jubilatoires pour combler syndicalement notre soif de feuilleton Melrosien. On est déjà bien loin de cette époque. Le pire qualificatif que l’on peut attribuer à la saison 3 de Gossip Girl est d’être d’un ennui mortel. C’est terrible de dire cela d’un soap car généralement il est justement prêt à défier les lois de la cohérence pour que l’on ne s’ennuie pas. Ce serait comme si on ne voyait plus de seins sur la plage d’Alerte à Malibu !
Les bribes d’intrigues sont pathétiques, le casting se ridiculise un peu plus à chaque scène, devenant les clichés d’eux-mêmes. Le seul acteur parvenant finalement encore à se distinguer est le pauvre Ed Westwick. C’est limite s’il ne murmure pas ‘Sortez-moi de là’ pendant que sa bécasse de partenaire continue indubitablement de minauder ses insupportables dialogues. Je vous jure, son ennui à l’écran transparait tellement que c’est un vrai déchire-cœur de le regarder. On dirait un animal qui se dirige tout droit vers l’abattoir.
Alors quel est le problème de cette saison 3 ? Eh bien cette saison catastrophe est essentiellement due à la sordide opération de lissage intensif des personnages lancée par les scénaristes. Ce sont tous devenus des béni oui-oui sans intérêt, creux, insipides, sans la moindre personnalité. Les anciens ennemis s’aiment, tout le monde se marie, personne n’a de mauvais fond. Franchement, à côté de Gossip Girl, Hannah Montana est plus violente que Sons of Anarchy.
Le pire exemple est celui de Dan. Il était sympa Dan. Vous savez, il fait parti de la famille pauvre qui vit à Brooklyn (mais qui peut se payer un loft en bois massif et envoyer ses gosses dans l’école la plus chère de l’Etat, là est un autre débat). Bref, toujours est-il qu’on jouait sur ce personnage comme s’il était un peu le Jean Valjean moderne de l’Upper East Side, tendre poète bohème et utopiste, tour à tour victime collatérale puis Cendrillon éconduit de la jeunesse dorée New-Yorkaise. En saison 3, il est devenu encore plus bourgeois que Serena. Penn Badgley a dû recevoir deux lettres de gamine en rut et a donc décidé de se la péter. Croyez-moi, le spectacle est intenable, au-delà de la simple consternation. Il n’y a plus de contrebalances, Gossip Girl ne met plus en scène qu’une bande de gosses riches à la vie plus plate et insignifiante que celle de Happy Candem, le berger batard de 7 à la maison. C’est vrai qu’on le voyait pas tant que ça finalement dans la série ce sale cabot. Remarquez, au moins le pasteur lui foutait la paix. Combien vous pariez qu’en fait, dans son dos, c’était Happy qui fumait les pétards et s’adonnait à de sordides partouzes sadomasochistes !
Mais revenons à nos moutons avec le personnage de Dan. Pour sa défense, précisons tout de même qu’il a été affublé en cette saison 3 d’une amourette avec Hillary Duff. Bon ça, évidemment, ça ne vous encourage pas à livrer une performance digne de l’Actor Studio. Surtout que les scénaristes de Gossip Girl ont eu, pour le coup, beaucoup d’humour en faisant jouer à Hillary Duff un rôle d’étudiante superstar intello qui suit des cours de philosophie sur la guerre froide. Je ne peux même pas faire une métaphore là-dessus tant franchement, les limites galactiques du possible, de l’imaginaire, de la stratosphère du ridicule sont repoussées à l’infini.
Le pire étant le rôle qu’interprète le personnage de star du cinéma joué par Hillary Duff : celui d’une résistante de la seconde guerre mondiale. Récapitulons. Hillary Duff, dans Gossip Girl, est une star qui joue le rôle d’une figure de la seconde guerre mondiale. Et Gossip Girl inventa l’antonyme. Ça m’a valu mon plus grand fou rire de la saison télévisuelle. Oui car, passé la nullité des intrigues, voir la série se fourvoyer autant dans l’absurdité, dans le grotesque le plus total, en devient presque parodique et donc très drôle.
Je vous ai très peu parlé des intrigues des autres bouffons et pour cause, ce serait vous faire perdre 5 minutes de votre journée. Bon allez, si vous insistez, pour le plaisir. On a par exemple Nate qui fait de la politique (presque aussi hilarant que Lizzie McGuire en reine du maquis) et joue la carrière de son grand-père lors d’une partie de poker avec Serena. L’autre croyant que le poker désigne l'action d'envoyer une pensée à son petit-ami sur Facebook, ils ont évidemment tout perdu. Quand Gossip Girl fait du West Wing, ça vaut son petit pesant de cacahuètes. Sans compter qu’ils essayent de récréer une ambiance un peu polaresque, entre Casino et James Bond, mais avec les dialogues de mijaurées à la Gossip Girl. On dépasse le suréalisme. Enfin là où on voit que les scénaristes feraient mieux d’être caissiers à Auchan, c’est que le public cible de Gossip Girl, à savoir les consommatrices d’eau précieuse, n’ont strictement rien à foutre des intrigues politiciennes de superettes ! Et on s’étonne que l’audience chute après cela…
Continuons avec les autres. Blair, de son côté, a trouvé un nouveau jeu qui consiste à envoyer Chuck dans les bras d’une autre fille et de les surprendre en criant au scandale. Super. Jenny alias Little P(étasse), quant à elle, doit prendre les rênes du lycée et crée le scandale du siècle en renversant son milk-shake sur son demi-frère Eric. Whaou. L’intrigue a fait un tel bruit aux Etats-Unis qu’on parle désormais de ‘Milkgate’, en référence au Watergate bien évidemment. N’empêche que l’intrigue a duré la moitié de la saison, c’est vous le dire le niveau d’enjeu. Une catastrophe.
Du côté des personnages plus âgés, je vous rassure, c’est pire. Ils n’ont même plus d’intrigues. Rufus se contente de préparer le chili et de servir le café. Kelly Rutherford, quant à elle, était absente du début de saison afin de voir si une porte de sortie était possible du côté de ses anciens amis de Melrose Place. Foutu pour foutu, elle est revenue dans Gossip Girl. Que voulez-vous, c’est la crise. Finalement, la seule qui ne change pas, c’est Dorota. En même temps, la faire devenir encore plus stupide fut été un incroyable tour de force !
En résumé donc, l’intrigue la plus intéressante de la saison est finalement à trouver du côté de votre voisin de TGV. Vous vous étiez bien moqués de lui en vous asseyant à votre place et en découvrant qu’il regardait un vieux nanard avec Steven Seagal sur son lecteur DVD portable gagné à un jeu-concours Monoprix. Mais après un épisode de Gossip Girl, croyez-moi, vous tueriez pour lui emprunter un écouteur !
Bilan : Gossip Girl est devenu une auto-parodie. Les scénaristes ont rendu les armes et ne cherchent même plus à choquer artificiellement. Le parfum de soufre a laissé place à une odeur pestilentielle de bluette mal écrite, horriblement joué, d’intrigues soporifiques et pas du tout inspirées, de rebondissements tristes et pathétiques. Les acteurs eux-mêmes n’y croient plus, Ed Westwick ne se donne même plus la peine de gâcher son talent pour ce teen show cauchemardesque. Gossip Girl n’est plus qu’ennui, la paresse l’aura emporté sur la luxure.
COLE. Twitter : http://twitter.com/Cole4616
Et vous, quelle est la pire saison de série vue cette année ?
Place 39 à découvrir dès mardi midi sur le blog.
Participations également cette saison de :
Tao (Critik en Séries)
Lulla (Des News en Séries)
Alain Carrazé (8 Art City)
Pierre Langlais (Tête de séries)
Pierre Serisier (Le Monde des Séries)
Btv27 (Series Live)
Dylanesque (Dylanesque TV)
Et Boodream.
Merci à :
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