Place 27 : 30 Rock – Saison 3. Classement 2007/2008 : 9ème (- 18 places).
Diffusion sur NBC le jeudi soir à 21h30 (moyenne saison 3 : 6,86 millions de téléspectateurs, + 13% par rapport à la saison 2) et sur Canal +. Renouvelé pour une saison 4.
Crée par Tina Fey. Avec Tina Fey, Alec Baldwin, Tracy Morgan, Jack McBrayer, Jane Krakowski, Scott Adsit et Judah Friedlander.
Indice Spoiler : 1/5
Bilan : Vous connaissez certainement le syndrome Emmy Awards. Il s’agit tout simplement d’une série, souvent diffusée dans une certaine confidentialité, qui prend la grosse tête
après avoir reçu une pluie de récompenses en n’ayant pas su gérer l’excellent aspect critique. Ce sont finalement un petit peu comme ces gagnants du loto qui perdent la raison et dépensent leurs
millions en voitures coupées sports et prostitués à forte poitrines. Et puis il y a 30 Rock et le syndrome anti Emmy Awards. C’est en tout cas ce que je soupçonne comme d'être à l’origine de la
baisse de régime observée pour la série cette saison.
On se retrouve en effet en présence d’épisodes moins réfléchis, moins intelligents, moins pertinents qu’en saison 2 avec moins de références et de répliques acerbes concernant le monde médiatique.
NBC voulant faire de sa série un hit aurait-t-elle conseillée à Tina Fey se rendre la série plus ‘accessible’ au détriment de l’humour ? Et puis il y a évidemment le cas Tina Fey, la nouvelle
chérie de l’Amérique. On pourra reprocher des millions de choses à cette chère Sarah Palin mais réservons lui au moins deux qualités : d’être sexy et d’avoir fait exploser Tina Fey avec son
irrésistible parodie de la figure républicaine ayant fait le tour du monde. Et oui, c’est d’ailleurs certainement le gros point commun entre Tina Fey et les joueurs de l’équipe de France : ils sont
présents partout sauf dans la salle des scénaristes pour l’une et aux entrainements pour les autres !
Ne soyons toutefois pas si mauvaise langue : la saison de 3 de Rock n’est pas si mauvaise et reste même supérieure à l’inégale saison 1. Je distinguerais en réalité deux parties distinctes à cette
saison : les épisodes 1 à 13 puis 14 à 22 qui ont plongé la série dans les bas fonds de l’ennui et de l’ininspiration. Car oui, la première moitié de la saison 3 de 30 Rock est une réussite totale.
Les plus affublés noteront d’ailleurs que la baisse de qualité correspond au départ de la plantureuse Salma Hayek, bien meilleure quand il s’agit de jouer les hot latina dans une comédie que quand
il s’agit de renouveler ses vœux avec un vieux requin de la pire espèce. ‘Ben voilà qu’il fait dans les attaques personnelles maintenant, je te jure, de pire en pire !’.
Cette première partie de saison est donc tout bonnement excellente. L’avalanche de guest star est un vrai bonus pour la série qui a le don de les utiliser brillamment avec des rôles souvent
totalement excentriques et surtout à contre-courant de là où on les attend. Dans 30 Rock, Oprah Winfrey est exaspérée par ses fans, Megan Mullaly est une vieille fille pince sans-rire, Jennifer
Aniston est une psychopathe et Salma Hayek est conservatrice religieuse quand il s’agit de sexe. Je vous laisse imaginer le délire dans lequel nous plonge la série, on est bien loin des guest star
d’exposition d’How I Met Your Mother !
Le résultat de ce vaste n’importe quoi jubilatoire est la présence d’épisodes totalement hilarants avec des mises en situation rocambolesques et des répliques cultes, souvent amenées d’ailleurs par
celui qu’on ne présente plus : Alec Baldwin, toujours aussi magistralement drôle et classieux. Ainsi, dans un épisode où Jack rencontre la grand-mère de Salma Hayek, celle-ci le déteste car il
ressemble comme deux gouttes d’eau à ‘El Generalissimo’, salop fantasque du soap préféré de la abuela. Evidemment, c’est Baldwin qui joue ce pastiche de la tele novela traditionnelle et nous régale
de son interprétation outrancière. Un groupe Facebook a même été crée sur ce personnage devenu culte parmi les fans !
Là où 30 Rock excelle est que l’innovation de ses scénaristes est sans limite. Elle nous sort à longueurs d’épisodes des idées, des répliques et situations tellement farfelues qu’on se demande où
ils ont bien pu chercher cela. Je ne vous ferais pas la liste qui ferait des kilomètres. Mais comment ne pas citer Megan Mullaly, en agent d’adoption totalement tarée qui met le feu à l’appartement
de Liz pour voir si l’extincteur fonctionne correctement ? Ou Jenna qui interprète un biopic de Janis Joplin mais n’a pas l’autorisation d’utiliser son nom ni ses chansons pour des problèmes de
droits ? Ou bien l’épisode hystérique où la série nous fait un remake de la nuit des morts-vivants avec une épidémie de grippe ? Ou encore Jack qui se confesse à un prêtre et relève qu’il a
sodomisé son directeur sous l’emprise de drogues militaires ?
Le personnage de Jack est définitivement excellent, chacune de ses répliques, pourtant totalement politiquement incorrecte, est dite avec un tel sérieux. Et que dire de Liz ? Elle est vraiment un
personnage atypique, proche de la réalité et des gaffes que l'on peut commettre chaque jour. Oui elle confond des nains avec des gosses, oui elle préfère aller voir Alvin et les Chumpkuns plutôt
que le dernier Michael Moore. 30 Rock parvient étonnement à être à la fois brillante et débile sur ses blagues. Il faut donc la prendre pour ce qu’elle est : une série de sketch et de répliques
cinglantes sans réel autre but que de nous faire rire. N’est ce pas déjà louable ?
Pour autant, comme je l’exposais en intro, le bat blesse en deuxième partie de saison. Episodes biens moins amusants, beaucoup moins rythmés avec un nombre de répliques drôles se réduisant à peau
de chagrin. On ressort même atterrés de certains épisodes dont les storylines sont tout simplement lentes et inutiles mais surtout bien loin de l’esprit initial de la série. Et puis, le problème
vient également des personnages qui commencent à devenir les stéréotypes de leur propres stéréotypes et sont systématiquement réduit au même genre de comique de situation en fonction de leur
personnalité Big Brotherienne. Ainsi, Kenneth a toujours des intrigues débiles tandis que Jenna passe sempiternellement pour la bête blonde dont tout le monde se fout. Mais on le pardonnera au
personnage puisque c’est bien expliqué dans le contrat que Jane Krakowski doit indubitablement devenir insupportable lors de la 3eme saison de la série dans laquelle en joue. Seul Tracy continue à
tirer son épingle du jeu parmi les personnages secondaires avec son interprétation à outrance et ses délires qui n’ont absolument aucune limite ni aucun sens.
Ecrire une sitcom n’est définitivement aisée et on pardonnera clairement à une comédie d’avoir des épisodes moins drôles que d’autres. Imaginez écrire 20 minutes de comédie par semaine alors qu’un
comique met des mois à écrire un one man show ! Mais la situation de 30 Rock semble être un peu différente. D’une part, la saison 2 avait eu bien moins d’épisodes du fait de la grève, ce qui
permettrait de concentrer les meilleures idées sur une saison moins dense. Et puis surtout, on avait un petit peu l’impression d’être ‘entre nous’ avec la série. Rappelez-vous de Tina Fey qui
remercie ses trois téléspectateurs lors de ses premiers Emmy Awards. Avec un succès bien plus important pour la série cette année, espérons qu’elle ne change pas définitivement son fusil d’épaule
pour plaire au plus grand monde. Ce serait un énorme gâchis.
Meilleur épisode : 3.08 – Flu Shot & 3.10 – El Generalissimo
Pire épisode : 3.15 – The Bubble
Prix special: Award ‘Jerry Seinfeld’ pour le mastodonte de l’humour en la personne d’Alec Baldwin (Jack Donaghy)
Les points forts : Une première partie de saison très réussie et ultra inspirée écrit des mains d’orfèvre de la fée Tina. La série n’a pas son pareille pour imaginer ses intrigues à la fois
brillante et tordue, potache et intello, mais surtout hilarante. De plus, elle est portée par un casting excellent, Alec Baldwin en tête et des guest star enfin utilisés de façon intelligente dans
une sitcom.
Les points faibles : Un énorme essoufflement en deuxième partie de saison. Pendant une bonne dizaine d’épisodes, la série n’est plus parvenue à trouver le bon mot, la bonne réplique, la bonne
intrigue. Quitte à se reposer parfois sur ce même casting qui se donne toujours au maximum pour sauver les épisodes faiblards. Malheureusement, cela ne suffit pas.
Conclusion : Sans être à jeter de bout en bout, cette saison 3 de la sitcom chérie des critiques américaines est clairement en dessous de la précédente. Si certains épisodes consacrent Tina Fey au
panthéon des meilleures humoristiques américaines actuelles, d’autres en montrent clairement ses limites. Finalement, le problème majeur de Fey est peut être d’écrire 30 Rock de la même façon
qu’elle concocté le Saturday Night Live. Elle part parfois dans des délires très personnels qui peuvent être drôles pour elle mais ne le sont pas nous. Si un sketch de cet acabit passe dans une
émission d’une heure, c’est plus difficile dans une sitcom de 20 minutes. Elle conserve malgré tout toute ma confiance pour la saison 4 !
Autant j'ai litéralement adoré les S1 et 2, autant j'ai arrété de regarder la 3 sans trop m'en rendre compte. Juste la flemme. (2 épisodes après l'arc de Salma Hayek)Sinon l'histoire pour ceux qui ne connaissent pas: Tina Fey est la chef des scénaristes d'un espèce de sous Saturday Night Live. Alec Baldwin, qui vient d'être promu directeur des programmes de NBC suite à ses qualités de vendeur de micro-ondes décide de transformer ce show pour attirer les annonceurs et colle dans les pates de Tina un rappeur décérébré illétré mais qui fait bander la ménagère.
J'ai arreté 30 rock à la fin de la saison 1. Je reconnais sa qualité mais ce n'est tout simplement pas pour moi. Je ne suis un fan de ce type de comédie. Et mis à part Baldwin et Fey, les autres personnages avaient tendance à m'énnuyer comme le pool de scénaristes pas drôle.
Pas vu tous les épisodes, mais vu notamment celui dénommé Generalissimo. Un pur plaisir que celui-ci ! De toute façon, qu'elle soit ratée ou pas, j'ai tellement aimé les 2eres saisons que je ne lacherai pas cette série de si tôt.
Voilà l'occasion rêver de te laisser un commentaire mon cher Amaury.En effet, nous sommes d'accord sur 30 Rock. Un exploit !Mais j'irais plus loin que toi, puisqu'il n'y a rien à sauver dans cette catastrophique saison 3. Et quel régal de voir cette série plongé, d'autant plus qu'elle a toujours été sur-estimé.Elle a été drôle, mais n'a jamais été le chef d'oeuvre de comédie que l'on a tenté de nous vendre.Ce qui est amusant, c'est de noter que deux autres séries chéries des critiques et des récompenses, et qui ont eu de faibles audiences (sauf pour la seconde qui fait désormais partie de la hitline d'NBC), je parle d'Arrested Development et The Office ont justement explosé en saison 3 en continuant dans l'excellence et la drôlerie.Ce n'est pas dur d'écrire une sitcom comme 30 Rock, non seulement parce que cette série n'a jamais été extrêmement bien écrite mais surtout bien joué.Tina Fey a beau être sympathique, elle a quand même pris la grosse tête.