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SKINS saison 3 (place 15 de Séries, ton classement impitoyable).









Place 15 : Skins – Saison 3.


Diffusion sur E3 et sur Canal + / Virgin 17 en France. Renouvelé pour une saison 4.


Créé par Jamie Brittain et Bryan Elsley. Avec Kaya Scodelario, Jack O’Connell, Luke Pasqualino, Lisa Backwell, Merveille Lukeba, Lily Loveless, Ollie Barbieri, Megan & Kathryn Prescott.


!! Indice Spoiler : 4/5





Bilan: Le défi était osé et périlleux. Et évidemment, on l’attendait tous au tournant, prêt à la massacrer si elle osait nous décevoir. Il faut dire qu’elle nous avait bien cherché : changer la totalité du casting et l’ensemble des storylines d’une saison à l’autre ! Personne n’est irremplaçable et c’est bel et bien le pitch de Skins : suivre les mésaventures d’un groupe d’ados et donc évidemment quand ces ados grandissent, ils ne font plus l’affaire. C’est la première fois qu’une série ose un tel stratagème. Généralement, quand ce phénomène touche un teen drama, on se contente ensuite de suivre les personnages chacun de leur coté et le show perd beaucoup de son intérêt. Serait-ce donc un mal pour un bien ? Il faut le croire car je dois bien reconnaitre que le pari est relevé, d’autant qu’on était très attaché aux personnages des saisons précédentes. Skins a cette faculté assez rare, grâce à son procédé scénaristique, à nous attacher très rapidement et de manière très forte a ses personnages. Résultat : sans produire une saison parfaite et exempte de multiples défauts, Skins a relevé le challenge et nous a démontré qu’elle savait parfaitement rebondir.


Et pourtant, croyez-moi, c’était loin, très loin, d’être gagné d’avance. La saison a même très mal commencé. L’erreur des scénaristes fut de croire qu’il fallait absolument frapper d’un grand coup dés le début de la saison, au-delà de toutes les limites de l’acceptable, pour montrer aux téléspectateurs que oui, Skins pouvait être encore plus trash que trash. Le résultat fut consternant. Les saisons 1 et 2 avaient toujours jonglées avec cet aspect plus ou moins décadent, prônant une jeunesse débridée, voire totalement désillusionnée et inconsciente. Frôlant régulièrement, s’amusant même avec la barrière du délire fatidique, celui qui aurait pu anéantir son côté si réaliste et si juste, la maitrise de Skins était telle que jamais elle ne l’avait atteinte. La série savait toujours revenir sur terre quand il le fallait, être plus sobre, nous confronter aux doutes et aux inquiétudes des protagonistes, avec une émotion parfois intense. Mais autant dire qu’elle a totalement brisé cette limite en saison 3. Et le coupable porte un nom : Cook.


Mais le show devait trouver ses marques et c’est peut être son plus grand défaut. Est-ce un souhait de la chaine ? Une volonté des scénaristes ? Je ne sais pas. Mais elle s’est senti obligé d’imposer des personnages totalement clichés, parfois à la limite du ridicule, et de les mettre dans des situations totalement grotesques pour bien qu’on puisse les identifier. Autant dire que le season premiere ressemblerait presque à une version ratée d’un Loft Story ado. Et le pire étant que ces clichés sont, pour la plupart, détruits par la suite avec les épisodes centric qui explorent à la perfection les déchirures des personnages au delà de leur carapace. On pourrait penser que la série a installé ces clichés au départ pour les détourner par la suite mais à vrai dire, je ne crois pas. Le fait d’avoir des personnages beaucoup plus transversaux dés le départ aurait certainement rendu cette saison encore meilleure et surtout plus fluide.


Si la saison prend son envol et son envergure au fur et à mesure de son déroulé, on a eu très chaud aux fesses. L’épisode 2 atteint en effet le degré scénaristique zéro et rassemble tout ce que Skins peut faire de pire. Du trash pur et dur sans aucune saveur, les dialogues sont remplacés par d’incessants dégueulages et beuveries sans la moindre consistance. On finit l’épisode tout bonnement atterré. Et devinez sur qui est centré l’épisode : le fameux Cook.


André Manoukian (oui certains citent Sartre, moi je cite André Manoukian) le qualifierait d’ETC : ‘Erreur Terrible de Casting’. Si le reste du casting n’était pas aussi fort, il aurait pu, à lui-seul, ruiner l’ensemble de la saison à l’image de son épisode épouvantable. Non content que l’acteur soit horripilant et physiquement irregardable, son personnage est d’une débilité profonde, répugnant et sans intérêt. A côté, Cody de Notre Belle Famille, c’est Sheldon de Big Bang Theory. Certes, c’est le caractère qui veut ça mais bon sang, on aurait pu s’en passer. Et vas-y que je te montre mon cul, que je mets une mine à 8 heures du mat, que je gerbe à longueur de journée, que j’hurle partout et que je rigole comme un débile mental. Il faudra atteindre le season finale pour voir le personnage un peu plus creusé sauf que c’est trop tard. Je ne peux plus le voir !





Ce mauvais souvenir passé, la série prendra donc de l’ampleur d’épisodes en épisodes. Si certains sont plutôt bancals, d’autres sont carrément extraordinaires. L’épisode sur la géniale Pandora était par exemple une belle réussite. Voila un vrai personnage atypique et inspirant ! La performance de l’actrice est jubilatoire tant elle s’en donne à cœur joie et délire avec son caractère sans queue ni tête. Invitant ses amies pour une soirée filles twister et jus de pommes sous les yeux de sa mère pseudo réact féministe, la pauvre Pandora verra sa fête finir en beuverie partouzienne avec sa mère défoncée à son insu et dont on découvrira les penchants fétichistes ! Bref, un pur délire so english comme seul Skins sait nous en délivrer et qui ramènera définitivement le show sur les bons rails. L’autre surprise viendra de l’épisode centré sur J.J qui relèvera un personnage ultra-complexe et probablement le plus torturé du show, alors qu’on pouvait le considérer comme un simple geek sans intérêt. Quand je vous disais que la série finissait par anéantir les clichés qu’elle a elle-même mis en place.


A l’image de ces épisodes plus ou moins réussis, les intrigues le sont aussi plus ou moins. Ainsi le triangle amoureux Freddie / Effie / Cook n'a pas franchement inventé l’eau chaude mais permet au moins de mettre en avant le troublant personnage d’Effie. Muette, énigmatique et nymphomane dans les premières saisons et dans le début de la 3, le personnage se révèle peu à peu comme être tout l’inverse de ce qu’elle renvoie. Douteuse malgré sa façade narcissique, autodestructrice, ampli de déchirures et incapable d’aimer suite à ses conflits parentaux qui malgré les apparences, l’ont détruite. Effie n’est pas aussi forte qu’on le croyait et on apprend justement à la connaitre dans son épisode centric, traditionnelle virée hallucinatoire dans les bois qui a fait la marque de Skins.


Le plus amusant dans cela est que l’on suit le personnage depuis 2 saisons, on l’a vu évoluer de nombreuses fois, mais il faut attendre cet épisode centré sur elle pour la connaitre. Et c’est là que Skins prouve son génie et fait la nique aux autres teen soap qui apparaissent bien creux à coté. En effet, en choisissant de consacrer un épisode à chaque de ses personnages, Skins les creuse, prend le temps de nous les faire connaitre et leur confèrent une véritable âme. En se contentant de suivre les personnages au fil de leurs confrontations avec autrui, les autres teen soap prennent soudain un coup de vieux. C’est bien la tout l’aspect réaliste de Skins, bien plus que ses histoires en elle-même. Imaginez si une camera vous suivrait seulement en présence de votre petit(e)-ami(e) ou de vos amis ? Serait-ce un point de vue réaliste sur votre vie ?


Ce procédé permet à une storyline d’atteindre des sommets et de s’imposer comme l’une, voire la meilleure intrigue de l’histoire de Skins : la love story Naomi / Emily. Alors vous allez me dire, tiens donc, on avait le gay Maxxie dans les deux premières saisons, on a maintenant les lesbiennes, j’attends avec impatience le transsexuel en saison 5 ! Oui, mais non … Skins est certainement l’une des séries qui traite avec le plus de tact et de justesse l’homosexualité. Je suis ainsi tout simplement tombé amoureux de ce merveilleux couple. Premièrement, elles sont magnifiques et attachantes au possible, drôles et puis surtout normales.


En effet, tous les personnages de Skins sont plus ou moins extravagants, sauf ces deux-là qui sonnent terriblement justes et réelles. Peut être le fait qu’elles me rappellent exactement des amies à moi m’ait permis de rentrer encore plus dans l’intrigue. Et justement, le point fort de Skins est de ne pas avoir refait la même intrigue ‘gay’ que dans la saison 1. Alors que Maxxie était un gay assumé et revendiqué, Naomi et Emily le deviennent ensemble. Rapprochements discrets, non assumés mais plus que fort que tout, rejets, remises en question, le tout est écrit et interprété avec une finesse, un tact, une sobriété sans pareille. Si le cas d’Emily est différent car elle est éperdument amoureuse de Naomi, celui de Naomi est justement différent et encore plus fort.


Naomi n’est pas vraiment une lesbienne et ainsi son intrigue sera d’autant plus intéressante car elle tombe tout simplement amoureuse d’une personne sauf que celle-ci est une fille. Elle rejette donc continuellement Emily, se force à être hétéro mais son amour est trop fort et finira par éclater au grand jour lors du remarquable épisode 9 où ces dernières reconnaissent leur amour lors du gala de fin d’année. Je l’avoue, j’ai été presque ému aux larmes tant l’émotion était envahissante mais surtout extraordinairement réelle, palpable. Ca change de la vieille histoire gay entre Mischa Barton et Olivia Wilde dans The OC ! Avec la multitude de teen soap américains, qui aurait cru que ce serait finalement une série anglaise qui tirerait le mieux son épingle du jeu ? Certainement pas moi !





Meilleur épisode : 3.09 – Katie & Emily
Pire épisode : 3.02 – Cook


Prix special: Award ‘The L Word’ de la storyline la plus juste et la plus touchante pour Emily et Naomi.


Les points forts : Skins a développé un véritable savoir-faire différentiateur en terme d’intrigues, de personnages, de dialogues et de réalisation. Cela permet à Skins de nous proposer des histoires originales, justes et passionnantes et surtout des personnages profonds et magnifiquement exploités. Rare pour un teen drama.


Les points faibles : Une transition ultra difficile en début de saison avec de nouvelles personnalités que la série a voulu imposer trop vite, quand à les enfermer dans d’horripilants stéréotypes. Si on pardonne à la série le fait que quelques intrigues ne sont guère inspirées, on ne lui pardonne pas le fait d’avoir créé le personnage le plus détestable de l’année : Cook.


Conclusion : En dépit d’une entrée en scène quelque feu folklorique, Skins finit par remporter totalement son pari de remplacer son casting. La forte personnalité et surtout le style maitrisé du show nous fait très vite oublier l’ancien casting, pourtant ultra-attachant. La qualité de la série est ainsi tout à fait conservée. Mais contrairement aux deux premières saisons où l’intrigue principale était plus intéressante, il faut ici s’intéresser aux intrigues plus secondaires pour découvrir les petites pépites du show. En espérant que l’importance de certains personnages soient réévaluées en saison 4, et notamment les délicieuses Naomi et Emily qui me donnent encore une boule au ventre par le simple fait d’y penser !


COLE.


Trailer :






Prochain billet demain, mercredi. Les précédents sur http://www.leblogtvnews.com/categorie-10974265.html.


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R
Argh :OComment peux tu mettre cette saison aussi haut ? Elle est d'un caricatural, limite ridicule, les personnages sont pas du tout attachants (très très très éloignés de ceux des 2 premières saisons) et le charme de "Skins" a disparu selon moi. On se retrouve avec une série qui n'a qu'un but : faire du trash sans scénario, ni rien d'intéressant. Résultat : la saison 4 avec ces persos pourris ce sera sans moi. Par contre si saison 5 il y a, il y aura re changement de persos, je laisserai peut etre une nouvelle chance à cette excellent série, tombée si bas ;( 
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K
J'ai pas trouvé le billet de Skins de l'année dernière. Je suivais déjà le classement y'a 1 an mais je ne l'ai pas lu car je ne suivais pas encore la série, j'ai rattrapé les 2 saisons en une semaine à noël, complètement absorbé par l'univers et les personnagesPerso j'aurais pas mis l'épisode 9 en meilleur épisode (trop cliché le bal de fin d'année :( ) mais bon..Quelqu'un le fameux billet donc ?
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P
<br /> Je me demande si ce billet n'a pas disparu quand plusieurs de nos articles se sont "évaporés" suite à une mauvaise manip'...Je ne le retrouve pas pour l'instant.<br /> <br /> <br />
P
Comme Tao, je me suis arrêté à la fin de la saison 2, préférant rester sur une bonne impression de cette série. Je ne me sentais pas de voir arriver un nouveau casting tant les acteurs des saisons 1 et 2 sont attachants. Néanmoins chapeau une nouvelle fois aux anglais, capables d'oser en matière scénaristique... Quand on parle d'exception culturelle française et que l'on voit "Paris 16ème" ou "Joséphine ange gardien" sur nos télévisions, on se dit qu'on est quand même bien bas...
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E
Bonne saison. Je me suis accroché à certains personnages, mais alors les intrigues, très moyen par moment...Et mauvais final. Ce dernier épisode + le second sont vraiment les plus décevants. Meilleurs : les  6 et 9. Et le duo filles très touchant !
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B
Abandonné aprés deux épisodes, j'adorais la série initiale et j'ai vraiment pas aimé le coté archi caricatural; mais si ça s'améliore comme tu le dis whynot
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R
Du mal à comprendre comment cette médicore saison est si bien classée. On est très loin du niveau des 2 précédentes, la 2 restant le summum pour moi. Mais bon, chacun sa viison, chacun ses goûts ;) Et ta rubrique, même si je ne suis pas d'accord avec plus d'un choix (ça sera pire si tu oses mettre lost dans le top 10  ) est d'une grande qualité !
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V
Le peu que j'ai vu de Skins me paraissait à chaque fois déprimant !
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K
Bien aimé cette saison 3, mais alors les 2ers épisodes, faut se les taper hein Bonne idée du producteur que ce changement de cast. Mais alors, autant certains personnages ont un rôle pas très épais, autant Cook, c'est trop !
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F
Amaury, plus jamais je ne te parlerais. Oser mettre cette bouse intersidérale de saison 3 aussi haut (et par ex. devant Southland)...
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F
Cassie - mademoiselle Waaawwww- n'es tplus au cast ? :(Et est-ce que la distribution de la saison 4 sera la même que celle-ci ?Merci pour tous tes articles (+ les autres rédacteurs), extra !
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T
J'étais tellement attaché au casting des saisons 1/2, alors je n'ai pas suivi la saison 3. Mais ton article me donne envie de donner une deuxième chance à cette nouvelle année de Skins.Une série atypique réinventant le teen soap de façon plus trash mais aussi plus réaliste. Si on veut une vraie série dérangeante sur la jeunesse, oubliez Gossip girl et passez à Skins.
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S
Encore une série inconnue au bataillon..Parle pour toi. Canal+ a diffusé les 2ères saisons, puis Virgin 17 puis Filles TV. Belle couverture française pour cette série britannique.Je ne lis pas la critique par peur des spoilers mais sa présence dans le top 15 me rassure.
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P
C'est vrai qu'on s'y attache à ces personnages.J'espère que canal va continuer à programmer cette série  :)
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B
je ne m'en rappelais pas non plus, mais en lisant, ça m'est revenu : j'en ai entendu parler quand elle est arrivée, mais je n'ai jamais vu.Le renouvellement dans les séries est pas si rare... Je me souviens d'Hartley coeurs à vif (oui, c'est pas tout jeune, et oui, je regardais !) où le cast était renouvellé fréquemment... au risque de faire redoubler les intélos de service pour les laisser une saison de plus...De même, mais dans une moindre mesure, dans Boston Public, les élèves étaient renouvellé régulièremet. Là c'était moins voyant car on suivait plus profs...désolé pour ce petit hs
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R
Encore une série inconnue au bataillon..
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